L’un des derniers concerts de Kurt Cobain était unplugged pour MTV. Il donnait une impression d’épuisement physique impressionnante. Ses vieux potes de Nirvana donnaient le change, et lui était déjà allé au bout de lui-même. C’est le dernier instant d’un artiste qui mourra quelques mois après. Comme d’autres, il serait pratiquement mort sur scène. Offrant à ses fans le trouble d’un écran noir commencé à sa disparition, et qui semble être aujourd’hui une éternité. Le film d’Aj Schnak raconte tout ce qui s’est passé avant.
Etat de Washington, années 80, ses bois, ses exploitations forestières, sa capitale d’Etat, Seattle. Là commence et finit la vie du leader de Nirvana. C’est celle d’un gosse des années 80, balloté entre la séparation de ses parents et ses difficultés à vivre apparues avant même son adolescence. Je parle de lui à la troisième personne. Mais en fait, lui, c’est moi. Le film est en effet le montage de la bande son d’une des rares interviews qu’il ait accordé à coeur ouvert. C’est donc lui-même qui raconte sa propre vie. Elle n’a pas été douce tous les jours, et il faut comprendre cela pourpercevoir que lorsqu’il fait son concert unplugged, même s’il continue à se lamenter sur scène, c’est en cherchant une douceur qui visiblement lui a échappé toute sa vie.
crowdPour les érudits de la musique, je dirais seulement qu’il met au point certaines choses sur la musique qui a inspiré lui et son groupe. Il revendique un héritage hard rock. C’est ce qu’il dit, me direz - vous. Et il aimait bien se moquer du monde.
Ce type à lui seul a inventé le grunge. A Pigalle, à la sortie de la loco, on croisait Pascal Nègre et ses copains en chemise de bucheron, vêtement typique des ouvriers de l’Etat de Washington. C’était dans la première moitié des années 90. Qu’est ce qu’il reste de ces espoirs de rébellion? Des vieux habillés en jeune à casquette sur des fréquences jeunes.
Mais il y a une icône. Kurt, qui parle du fils qu’il a été. De son enfance passée avec sa mère et son père.
De ses week ends à la scierie entre les bruits des caterpillards et ceux des scies circulaires. Du divorce
rapidement évoquée. Ses problèmes psychologiques précoces. Ses premiers bons moments dans les
rassemblements du lycée. Sa première bande de pote qui ne lui survivra pas. Il essaie de se rappeler.
On imagine que les interviews ont été longues. Le montage est exceptionnel par sa clareté. La vie du chanteur de grunge apparait dans tout son dépouillement. Ses paroles sont coupées par certaines de ses chansons. Et sa carrière au sommet est à peine évoqué. Ce n’est pas un documentaire pour ceux qui voudraient découvrir le monde enchanté de sa vie… C’est un truc de fans devenus dingues de quelques moments passés autour d’un juke-box, au 10, rue de l’odéon.
http://www.kurtcobainaboutason.com/
2 commentaires
Salut toi,
En quelques mots, voilà qu’on replonge dans un univers particulier…Je prends plaisir à te lire.
A très bientôt, je l’espère




PLAY BLESSURES
Tu ecris tres tres bien cher cousin, et j’aime bien ta tete de cefarnet aussi