258

ADAM KESHER Heading for the mills, feeling warm inside

Dans les années 50 et 60, le rock était un phénomène, mais un phénomène seulement pour les gens qui se sentaient concernés. Aujourd'hui, le rock est un phénomène (...) suite

Dans les années 50 et 60, le rock était un phénomène, mais un phénomène seulement pour les gens qui se sentaient concernés. Aujourd’hui, le rock est un phénomène pour des gens qui n’en ont rien à battre .

En 1995, Neil Young parlait du grunge en tant que parrain vaguement forcé, sans se douter de la force de ses propos. Car oui, treize ans plus tard, Adam Kesher n’en a plus rien, mais plus rien à battre.

Il y a eu Klaxons, et puis il y a eu Justice. Maintenant il y a Foals, on peut également penser à !!!, tous ces groupes qui s’attirent l’aversion des amateurs de rock 90’s. Ces groupes agaçants à la charleston toujours ouverte et à la guitare toujours portée plus haut, comme pour imiter le père spirituel qu’est Alex Turner. Dans un mariage forcé, les hormones de l’electro et l’arrogance du rock se sont trouvées mêlées pour devenir de la merde. Dans le meilleur des cas, ces musiciens revendiquent une attitude pop, assumant la crétinerie et la naïveté de leur musique comme s’il valait mieux oublier. Dans le pire, ils adoptent cette posture anglaise et répugnante de Next Big Thing qui va tout faire péter, en choisissant un nom qui fait pouêt pouêt parce que ça commence comme Kraftwerk.

C’est dans cette orgie de festivité répugnante qu’Adam Kesher intervient, parce qu’il est le seul à n’en avoir rien à foutre, et à savoir que le meilleur dans une soirée, c’est marcher dans la rue à trois heures du matin, seul, bourré, mais heureux.

J’ai oublié mes clés sur ton lit mais c’est pas grave, je ne rentrerai pas chez moi.

Quoi d’autre, à part de la magie ? Evidemment les incartades digitales sont fréquentes, omniprésentes. Heureusement les guitares continuent de vrombir. Surtout, au risque de faire de cette chronique une succession de paragraphes s’achevant sur une ode à la branlitude, il s’en tape.

Parce que la branlitude, ce n’est pas nouveau mais toujours plus vrai, est la noblesse de notre époque, parce qu’un chef d’oeuvre nous matraque la nuque d’autant plus fort que son instigateur ne l’a pas fait exprès. Parce qu’on dira ce qu’on voudra, les phrases qui commencent par ‘parce que’, ça en envoie. Adam Kesher joue du rock. Du vrai rock qui fait sourire, la tête tournée vers la lumière des lampadaires, le visage enfoui dans les briques de l’Eastend, ou d’une banlieue lilloise.

Une musique de branleur parce que ce soir, après avoir bien rigolé entre les maisons et les lumières, après les envolée vaporeuses, percutantes, déconcertantes, lamentables, soniques, introspectives, gigantesques d’Adam Kesher, je le sais, je vais me branler.

A moins que…

Adam Kesher // Heading for the mills, feeling warm inside // Disque Primeur

http://www.myspace.com/adamkesher

4 commentaires

C’est bon ça !!! Putain, marre de complimenter, y’a pas un mec naze dans les parages que je crache mon venin ??? La pommade ça va deux seconde, mais là on me laisse pas le choix.

Commentaire par sylvain, le Lundi 12 mai 2008 à 0:46

Adam Kesher c’est mutant, de la musique qui déglingue et des paroles qui flinguent “You ashes are yours, but you are not yous ashes”, “The way people meet their enemies, it seems so easy”, “If we could be rich we wouldn’t mix with thse rich people”, “Walter Benjamin, I thought in vain” …

Commentaire par Nesty, le Lundi 12 mai 2008 à 2:07

Jamais rien compris à l’anglais. Mais ma copine m’a dit que c’était bien. Me tromperait-elle avec un de ces bastards ? Z’ont du pot que j’aime leur zique !

Commentaire par Frontbas, le Lundi 12 mai 2008 à 19:13

Ca fait du bien quand ça cogne ! Je parle à la fois de la chronique et de l’album d’Adam Kesher. Putain de bon album qui fait péter la tête. Quand je déprime je me passe South et je rentre en transe !

Commentaire par Elmo, le Lundi 12 mai 2008 à 2:48

Laisser un commentaire