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SIX MIGHTY SHOTS Electro-blues

Nous avons le droit ici à une belle livraison, une démonstration du pouvoir d'une guitare bien fouettée à la docilité supersonique. Le blues reste la seule musique capable (...) suite

Nous avons le droit ici à une belle livraison, une démonstration du pouvoir d’une guitare bien fouettée à la docilité supersonique. Le blues reste la seule musique capable d’exprimer le fracas d’un homme et de son âme. A moins qu’il ne s’agissent d’une vraie souffrance physique: les bluesman sont sujets aux hémorroïdes, ils jouent tout le temps assis. Il s’agit donc de la première livraison de Bang Bang Records. Une compilation accueillant une série d’excités du médiator, véritables chaudrons à énergie compulsive… Une histoire de d’hormones à ce qu’il parait.

King Automatic : My Shark.
Frappant avec ce son en tripotage électronique placé en ouverture, ces petit bips tout juste bons à donner la mesure du boogie… On plonge dans un blues maniaque, guitare suraiguë et… un sampling d’harmonica. De nouveau un one-man-band fou, avec toujours la pédale sampleur comme seul compagnon. My Shark c’est toute l’énergie qui nous manque en ces dimanches familiaux, ces journées pas assez folles pour être intéressantes, ces descentes de trip… Un remède contre la turpitude des désillusions.

Thundercrack: This Town Belongs to me
Avec un titre de cow boys pareil, on s’attend pas vraiment a une guitare sur fuzzé, banlancant un riff débile. Le syndrome des corde barbelé, celle qui arrache l’air de sa sonorité suragrésive. Rythmique marquant tout les temps et un gueulard a la voix décorcher qui raconte une histoire de John Ford. Bruitiste, c’est la moins que l’on puisse dire. Drôle d’époque tout de même, comme si cette génération n’avait retenue de Pete Towshend que ses larsen à outrance.

Rich Deluxe: Nothing Works
Intro Miami Beach hantée, les surfeurs de la coté ouest sont venus mourir du coté Atlantique. des orgues se font tels des miliers de soupirs, dernier souffle de vie. Puis il y a une voix qui rythme la cadence, discrète, sifflotante. Une chanson éthérée, au refrain malheureusement décevant. trop Collège américain pour des surfeurs, trop vivant pour des morts. Mais le tout reprend, encore plus entêtant, avec un solo d’orgue électrique et de guitare slide, image devant les yeux assez forte pour faire croire que les virées en bagnole, c’est tout de même cool.

Hot Nuts: I Got Something For You Girl
Nous sommes bien loin de la mer ici. Tout n’est plus que soleil et brûlure. Chaque accord de guitare rappelle le sable brûlant, chaque coup de charley est une goute de sueur perlant sur le front. Les paroles ne sont plus intelligible, tout devient flou, c’est le manque d’eau, le manque de repére. Le temps n’est plus qu’une distorsion tendue, une angoisse de tout les moment. Peut-on ressortir vivant d’un morceau pareil? Tenez bon a l’harmonica, il est le guide vers la sortie de l’enfer sonique.

Mr Verdun: L’aveugle au Pistolet
Le seul morceau décevant de cette compilation. Le début nous fait croire que l’on va faire un petit bout de chemin avec un freak armé d’un banjo. Perspective intéressante. Mais le redneck est francais et son chant est vraiment insupportable. L’aveugle au Pistolet… Puisse-t-il viser bien cette fois-ci.

The Bang Bang Organization: Stay Drunk
Dernier morceau joué par tout le petit monde ensemble. Début banjo, puis orgue carrément tango. Fin d’un album, retour dans le monde des morts. C’est le manège enchanté mais avec un pollux qui n’a plus de poil, quand à Zebulon, son ressort semble bien déglingué. “Tournicoti, Tournez Carton”. Nous voilà perdu en plein mauvais trip, spectateur d’un film inhumain, passionnant de difformité. Le tout est de garder la tête froide.

http://www.myspace.com/bangbangnancy

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