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BERTRAND BURGALAT Inédits

Les tenanciers de labels ont beau se plaindre des chutes industrielles, cela n’empêche pas le pékin moyen de les voir fêter le déclin phonographique en grandes pompes au (...) suite

Les tenanciers de labels ont beau se plaindre des chutes industrielles, cela n’empêche pas le pékin moyen de les voir fêter le déclin phonographique en grandes pompes au Paris Paris tous les week-end. Et ces mêmes usuriers de l’art vilipenderont Burgalat le jour de ses obsèques, annonçant avec les mêmes mocassins reluisant que Bertrand était l’un des plus génies de son époque, un producteur hors pair, un homme d’estime. Coffrets collectors, T-shirt slim pour lolitas amatrices de canevas et de Fa dièse, rétrospectives en rotatives, Burgalat sera un jour exploiter comme tant d’autres, comme François de Roubaix. Alain de Goraguer, Jean-Claude Vannier et Polnareff ne devraient pas tarder à rejoindre l’utilisation posthume.

Pour l’heure, Burgalat produit des albums pour les autres, cachetonne avec le haut du panier populiste (Pas d’objections contre Willhem cela dit, rien pour non plus cela dit) et diffuse ses inédits via Itunes dans une indifférence quasi-générale qui frôlerait presque le scandale si le beau pays qu’est la France ne préférerait pas les synthés qui font blip-blip et les guitares qui font zwouin-zwouin. En un mot comme en cent, ces inédits de BB n’apportent rien de neuf sous le soleil ; Burgalat est bien un OVNI dans le paysage musical français qui parvient encore avec des chutes de studios et des versions instrumentales (Albo, superbe reprise instru’ des Pics de pollution enregistré pour Michel Houellebecq) à enfoncer profondément dans la gorge des principales productions actuelles.

Il y a la beauté des paysages, et la douceur du langage. Ce Visions of love comme une étendue maritime à perte de vue, sortie d’on ne sait où (On miserait ici sur une face B de Portrait robot, le deuxième album) avec un Bertrand chantant sans complexe dans le micro, car après tout, tant qu’à être artiste maudit, autant le chanter clairement. Forcément, des pistes comme Jalousies et tomettes débordent d’orgue et de claviers, de batteries soft et sauvages, c’est le génie d’ascenseur qui cherche à monter au dernier étage pour faire oublier qu’au sujet de Burgalat on a souvent parle de kitsch rétro lorsqu’il fallait simplement parler d’élitisme pour le plus grand nombre.

Et puis il y a la plus belle reprise de la plus belle des chansons de Polnareff ; Holidays reprise en version instrumentale cosy style «ballade en à Ibiza en 71» qui confère à l’objet une pureté inégalable, une classe de musique de film imaginaire faite par une bande de musiciens du Brill Building. Et last but not least, BB se permet même le luxe d’offrir une covers de Sexy Boy d’Air (Vous savez, le groupe qui a plagié l’ensemble de sa carrière pour offrir au final des musiques à diffuser pendant les jingles M6, rappelez-vous, faites un effort), preuve que le garçon à lunettes est fair-play dans l’adversité. Clairement, la reprise de Bertrand est au-dessus, up above aurait dit April March.

Ces inédits n’apportent rien de neuf, mais s’il fallait attendre deux ans à chaque fois pour entendre tout le génie du bonhomme… Autant se stériliser le cerveau avec trois guitaristes prépubères connaissant à peine les accords en septième. On vous en dit plus semaine prochaine avec une interview vidéo de Bertrand, tournée à l’occasion de la sortie imminente du vrai prochain album (Et du special guest avec Robert Wyatt).

Bertrand Burgalat // Inédits // Disponible sur Itunes

www.tricatel.com

http://www.myspace.com/burgalat

5 commentaires

Well, well, ça donne envie d’écouter toutes ces belles paroles ;-)

Commentaire par sylvain, le Lundi 25 juin 2007 à 15:39

Holidays de Molnareff, une grande chanson ? Putain… c’est vraiment un site Gonzo. Et “Tout, tout pour ma chérie”, c’est une symphone spectorienne ?
Sinon, indeed, l’article donne envie d’écouter le disque. Il doit y avoir de très belles choses.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 25 juin 2007 à 13:44
Commentaire par Bester Langs, le Lundi 25 juin 2007 à 23:08

Cliques sur le lien au-dessus et arrêtes de m’emmerder. Polnareff a été, à un moment crucial de la variété française, le meilleur et plus excentrique de tous nos chanteurs compositeurs.

Ah au fait, pour toi que Berlin de Lou Reed fait encore chialer alors que tu es entré dans la trentaine…

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 25 juin 2007 à 1:59

Vive le sport !

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 25 juin 2007 à 9:34

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