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BORIS BERGMANN Nous sommes cernés par les cibles

Je me demandais si je pouvais tomber sur un livre pouvant encore refléter la modernité sans complexe et avec élégance. Et surtout, en parler, de cette modernité, la (...) suite

Je me demandais si je pouvais tomber sur un livre pouvant encore refléter la modernité sans complexe et avec élégance. Et surtout, en parler, de cette modernité, la mettre au premier plan, et permettre d’en tirer une certaine leçon esthétique.

Boris Bergmann, après un maladroit premier roman, atteint ce but avec brio dans une nouvelle illustrée intitulée Nous sommes cernés par les cibles.Une intrigue policière banale: meurtre d’une adolescente non moins banale, anonyme, dans un lycée. Mais ici, l’intrigue n’est qu’un prétexte pour le jeune auteur qui offre en fait le portrait-robot de l’être humain civilisé de 2008, un conte de la folie ordinaire du nouveau siècle, avec son ennui ambiant et ses meurtres sanglants.

Nous sommes cerns par les cibles Un professeur de maths, cliché de celui que l’on connaît tous, mal habillé et génie refoulé, un flic, ordinaire et las, une adolescente, qui oscille entre rationalisme froid et attente du prince charmant, et enfin, ce jeune garçon, lycéen, anonyme, qui se réfugie dans ses sorties nocturnes solitaires et la télévision.

Cette fascination du personnage pour la TV est la preuve incontestable que Boris Bergmann a été touché par le Novövision d’Yves Adrien, qui y vouait un culte au petit écran, comme le miroir mais aussi le dictateur de notre mode de vie moderne. Déjà, Bergmann annonce la couleur, son livre s’ouvre sur un extrait des Monstres invisibles de Chuck Palahniuk qui commence ainsi:

“Avez-vous jamais réfléchi à la vie comme métaphore de la télévision? Ne pensez-vous pas que, d’une certaine manière, la télévision transforme chacun de nous en Dieu?”.

L’analyse que Bergman va faire du monde moderne y est presque résumée: les machines qui se substituent à la vie, la technologie qui nous gouverne. Pas étonnant alors qu’un passage soit consacré à la comparaison d’un magnétoscope avec une femme, dans la fente duquel le personnage rêve de plonger sa main, non sans rappeler la réflexion de Des Esseintes dans À rebours à propos des locomotives. cela est-il bon ou mauvais? Boris Bergmann n’apporte pas de réponse, et c’est tout à son honneur, cela fait de lui un visionnaire, ou presque: jamais il ne parle du bien et du mal, il fait juste le constat de ce dans quoi nous fonçons, tête baissée, ego surélevé. On trouve d’autres références au dandy de la Bibliothèque Fantôme dans Nous sommes cernés par les cibles, dont l’auteur possède le même perfecto blanc, pour l’anecdote…

Mais au-delà de certaines phrases volées, la nouvelle de Boris Bergmann est subtilement proche de l’oeuvre Novö d’Adrien, de par son style dépouillé, ses phrases écrites avec distance, comme autant de slogans électrisants. Autre référence, entre autres, Le livre rose du hippy, avec cette phrase: “Dieu est là-haut, amusez-le”. Tout est dit.
En fait, à travers le carnet d’un flic, les blogs de deux adolescents et une enquête trop facile pour être réaliste, Boris Bergmann nous livre les codes secrets du teenager moderne dans une série de réflexions parsemant le récit. Au lecteur de les trouver, car au premier degré, ce livre n’a aucun intérêt.

Nous sommes cernés par les cibles
est une oeuvre moderniste, définitivement ; l’oeuvre d’un jeune homme qui n’en n’a pas finit avec les flashs qui défilent devant ses yeux. Le fiasco du monde environnant devient alors un désordre dans lequel il est bon de garder la tête haute, de s’inventer un nouveau dandysme, robotique, et de faire sienne la technologie, plutôt que de se laisser soumettre. Tel semble être le message dissimulé par Boris Bergmann.

Adulte non averti, s’abstenir.

Boris Bergman // Nous sommes cernés par les cibles // Scali
http://www.scali.net/

20 commentaires

même en étant adulte ça donne envie de se faire son propre avis

Commentaire par Number 9, le Lundi 7 juillet 2008 à 9:00

Niveau dandysme robotique les daft punk c’est quand même mieux que Boris Bergmann LES JEUNES !

Commentaire par Satti Pmith, le Lundi 7 juillet 2008 à 19:54

Je crois que le souci de cet article (et par extension de ce livre ou plutôt de ce qu’écrit Bergmann en général) est que tout en voulant faire l’éloge de ce bouquin et ce à grands renforts d’exemples, de comparaisons et de citations il arrive surtout à montrer au combien le livre n’est pas original et passerait facilement pour une imposture du genre.
Bukowski blablabla Adrien blablabla Huysmans blablabla et euh Bergmann dans tout ça ?
Ce cher « jeune » homme n’aurait il pas atteint l’âge de l’émancipation et de l’appropriation de l’œuvre ?
Enfin, je pense que vous faites un amalgame assez grave entre « jeunesse » et « modernité » … copinage oblige ?

Commentaire par chloé-ariane, le Lundi 7 juillet 2008 à 20:02

Chère Chloé-Ariane,
si mon article a un souci, le livre n’en a pas forcément un par extension.
Les comparaisons et citations, et autres références (justifiées et subtiles dans le livre soit dit en passant), je les utilise parce que mon article est SUBJECTIF. Sinon tu peux lire une critique d’un livre de Boris Bergmann dans n’importe quel magazine où là ils te diront qu’écrire à 15 ans c’est cool et que les trentenaires d’aujourd’hui à son âge ils faisaient pas ça. Vu que ça c’est évident, je tiens à aller un peu plus loin quand je parle de ce jeune homme que je trouve talentueux, bien qu’il ait besoin de travailler, comme tout le monde. Copinage ou pas, peu importe, il m’a pas payé pour écrire ça, et peut-être même qu’il trouvera des incohérences à mon article.
De plus, croire qu’une oeuvre en 2008 peut ne pas être jugée en fonction de références du passé, c’est être un peu naïf.
Et je pense assez avoir réfléchi à la modernité pour que l’on vienne me dire en une phrase que je fais un amalgame.

Sur ce,
take care, miss Chloé Ariane.

Commentaire par louie louis, le Lundi 7 juillet 2008 à 16:06

2008 ce devrait surtout être la PUTAIN D’INTERDICTION TOTALE D’UTILISER UNE FOIS DE PLUS “MODERNE” A CONTRE-SENS, ainsi que LE BANNISSEMENT DÉFINITIF DE “SUBJECTIF” COMME EXCUSE POUR NE RIEN POUSSER PLUS LOIN QUE WIKIPEDIA.

Du reste je crois que je vous aime, Chloé-Ariane.

Commentaire par Jüül, le Lundi 7 juillet 2008 à 23:19

Ce dernier commentaire est assez subjectif.
Je trouve tout cela très moderne.
PS: C’est quoi Wikipedia?
Merci de votre réponse.

Commentaire par Lester Bing, le Lundi 7 juillet 2008 à 0:20

Moderne. En effet, le therme pause un souci. Car la pause moderniste vieilit dés qu’elle est crée.

Rien n’est plus moderne que l’éphémère.

… D’ou le Body Painting ?!?

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 7 juillet 2008 à 11:23

Exacte vérité ! Le Body Painting est l’essence même du modernisme… et le modernisme le carburant de notre émerveillement.

Ce qui est plutôt rassurant c’est qu’on a encore l’occasion de s’émerveiller de vieux machins : Monteverdi c’est moderne, Low de Bowie est moderne, Shakespeare c’est moderne…

Mais bon, oui tout ça est très subjectif une fois de plus :
Je prête un écouteur de mon walkmann à cassette à un pote : “Ecoute c’est super-moderne et avant-gardiste, c’est Schumann”. Lui : “Boua c’est vioque on dirait de l’harmonica, les aiguës sont à chier !”.
L’aspect moderne des choses ne touche pas tout le monde…

Aujourd’hui, je pense que, dire d’un auteur contemporain qu’il est résolument moderne, c’est aller un peu vite en besogne (voir être complètement snobe). Je pense qu’il faut du recul, et que la modernité on ne peut, hélas, la saisir qu’après coup ; quand il est trop tard.

Désolé.

Commentaire par Formerly W. Goethe, le Lundi 7 juillet 2008 à 17:49

Chloé-Ariane (se prend pour Alain Delon) est en ce moment même de franchement bonne humeur étant donné ses notes au bac de français ainsi que la jolie déclaration du gentil Jüül. Compte tenu de ça je vais essayer de ne pas être trop assassine dans mon commentaire.
Chère Monsieur Louie Louis, si je viens sur Gonzaï ce n’est certainement pas pour m’insurger contre la (prétendue) subjectivité de votre article alors je vous serai gré de ne pas me considérer comme une simple lectrices de « n’importe quel autre magazine ». De plus je trouve cela très prétentieux de croire que seul vous et Gonzaï êtes capable de démêler le vrai du faux et de percer à jour le génie de Bergmann … mais peut être est ça, la subjectivité ?
Je n’ai jamais dit qu’une « œuvre » ne pouvait être jugée en fonction de références du passé, je pense même qu’une œuvre peut être mise en parallèle avec des références postérieures à sa création donc vous m’excuserez mais je n’ai pas bien saisi le pourquoi du comment de cette phrase.
Encore une chose, est ce que le Louie Louis que vous êtes a un quelconque rapport avec celui du Zhou avignonnais ?

Commentaire par chloé-ariane, le Lundi 7 juillet 2008 à 20:26

Oui c’est moi-même. Comment connais-tu Zhou? C’est cool en tout cas.
Moi aussi je suis plutôt super heureux de mes notes, on a donc le même âge.
Je parle juste de subjectivité car si j’ai envie de parler d’oeuvres du passé dans mon article sur le livre de Boris car j’y vois une certaine cohérence, je le fais, et c’est tout.

Commentaire par louie louis, le Lundi 7 juillet 2008 à 14:26

Je connais Zhou parce que je ne vis pas loin d’Avignon et que j’ai une amie à St Joseph qui l’année dernière m’avait parlé de ce magazine (qui n’était à l’époque encore qu’un projet). Je m’étais par la suite renseignée, voila.
Félicitations pour vos notes et au plaisir jeune homme qui avez le même âge.

Commentaire par chloé-ariane, le Lundi 7 juillet 2008 à 20:03

Ouf … le monde est petit.

J’ai eu très peur que tous les jeunes de 17 ans soient d’un seul coup très chiants, porteurs de double prénoms et, selon toute probabilité, sobres !

Sinon c’est un prénom Bergmann ?

Commentaire par No Name Found, le Lundi 7 juillet 2008 à 13:24

Désolée de reprendre le flambeau de ce fâcheux débat, mais je crois que Formerly W. Goethe et Little Johnny Jet ont mis le doigt sur quelque chose d’essentiel : on ne peut dire d’une oeuvre qu’elle est moderne qu’après coup, qu’une fois qu’elle est déjà bien marqué dans le passé et son époque. Sinon comment pouvoir saisir le sens exact de la pseudo “modernité” ? En dénichant une certaine “originalité” que n’ont pas les autres oeuvres contemporaines ? Parce qu’elle utilise des procédés jamais utilisés auparavant, qu’elle “révolutionne le genre” ? A la rigueur, on pourra appeller ça de l’avant-gardisme, mais dans le cas du petit Bergmann je doute, vu l’énumération de références dans l’article de Louie Louie.

Après je rejoins également Jüül sur un point, le mot subjectif est trop souvent une excuse destinée à mettre à plat d’éventuels détracteurs, un peu comme le fameux “les gouts et les couleurs, ça se discute pas”. Ben justement si.

Sinon, au reste, j’ai l’impression que nous débattons un peu sur du vent, moi même n’ayant pas lu le livre.

Bisx

Commentaire par Anne-Laura, le Lundi 7 juillet 2008 à 12:30

C’est bien ce que je disais au début de ce debat ,
l’article sujectif ou non à l’intérêt de me donner envie de lire ce livre pour me faire ma propre opinion .

Et au fait , au risque de paraitre idiot l’art moderne ne peut surtout pas être attribué au body art car par essence l’art moderne ou le mouvement moderne est assimilé à toute oeuvre d’avant guerre

bon week end

Commentaire par Number 9, le Lundi 7 juillet 2008 à 14:27

Autre thème à disputer je trouve, celui de la TV comme un reflet de la réalité, voire l’inverse, bande de petits Narcisses.
Il faut vraiment appartenir à un microcosme parisianno-geek pour trouver un quelconque lien entre le monde-du-dehors et les produits-tout-bien-formatés de notre cher poste de tivi.
Ou alors avoir des actions chez Free, et vouer un culte secret à la télé 2.0, en posant des Sainte Vierge dessus. A côté de la photo de papy, celle du Maréchal Nousvoilà, et d’Adrien. Franchement, je n’allume ma tiv que pour faire fonctionner le lecteur DVD, et encore je le fais de moins en moins, car cela nécessite de la rebrancher.
Par contre je regarde de plus en plus par mon balcon. Un effet de l’été sans doute.

Remercions Adrien pour ce qu’il faisait à l’époque et tournons la page s’il vous plait.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 7 juillet 2008 à 11:08

[...] (B.Y.F), avec comme public_ des crevards, des écrivains rock’n roll comme BORIS, avec des égéries chanteuses comme EVE, des gonzos, des dandies (parfos ils font les [...]

Commentaire par AFP[rofiteurs2Hype] » Blog Archive » (oo) NOUVELLE CHANSON DE CHEVAL !!!, le Lundi 7 juillet 2008 à 13:00

Lu par obligation - pour un comité de lecture.
Jamais rien lu de plus nul ! Et de prétentieux - à l’image de la couverture tête à claques ! j’aimerais avoir le bras long !
Et en plus il a volé le titre … Le reste semble être de lui - ou de pire que lui.
Prof - ben oui - j’ai lu des dizaines et des dizaines de textes d’élèves - même des cinquièmes - qui avaient quelque chose à dire - et savaient le dire !!! Et je mettais 18, voire 19, sans état d’âme. Là c’est moins 10 !

Commentaire par Arnould, le Lundi 7 juillet 2008 à 19:55

je viens de lire ce mediocre livre, vite torché, aucune enquete palpitantre tout s’enchaine tres vite sans supense ,le pretexte du meurtre etant de dépeiondre des personnages desenchantés. Tout ça est tres baclé, une pyshcologie vite eflfleuré, on a pas le temps de sattacher a qui que ce soit, a saisir lhistoire tant elle se resume a une nouvelle…gentille redaction…

Commentaire par kiki, le Lundi 7 juillet 2008 à 16:33

Décidément, pour se relaxer, rien de mieux que les internautes de Gonzaï…

Et vas-y qu’on se tape sur la gueule, qu’on s’”insurge”, qu’on papote “modernité” et “subjectivité”. Le pire étant qu’on se traite de “prétentieux”. Olala. Là c’est vraiment horrible. C’est la grosse insulte.

Mesdames, messieurs, jeunes gens, quel est le départ (et surtout le but) de cette hostilité ? Vous vous disputez pour que Boris vous ajoute comme ami sur Facebook ? Calmez donc ces ardeurs, gardez votre fausse ironie pour vous : ça ne vous donne vraiment pas l’air intelligent.

Quand à cet article, pour ma part, je le trouve tout à fait intéressant, si ce n’est mal écrit par-ci par-là. Je vois que Bergmann réussit et poursuit son but : mettre le feu au poudre. Personne ne vous demande de “percer à jour le génie de Bergmann” (Chloé-Ariane). Surtout qu’il ne pose pas vraiment de grande énigme fondamentale, le Boris. Ecrire, à son âge ou non, consiste avant tout à raconter une histoire ! N’oubliez pas ça, il ne s’agit que d’un bonhomme de 16 ans, aussi impressionnant soit-il, qui pose ses fesses devant un écran d’ordi, et qui, comme les vieux laissent pousser leurs barbes, laisse son imagination et son inventivité prendre le dessus…

Bonne continuation à tous.

J.K.

Commentaire par J.K., le Lundi 7 juillet 2008 à 16:07

haha quel article de tantouze rock’n'roll qui tortille du cul haha

Commentaire par le duc, le Lundi 7 juillet 2008 à 21:48

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