159

BOTTES EN EXTERIEUR le gâchis des plus grands plaisirs.

Le top de la modernité, la pointe de la mode, le comble du sexy… c’est être fringuées comme des filles de joie tout droit sortie de True Romance. S’il (...) suite

Le top de la modernité, la pointe de la mode, le comble du sexy… c’est être fringuées comme des filles de joie tout droit sortie de True Romance.

S’il y a eu une libération sexuelle à un moment, on ne peut plus vraiment dire qu’elle soit d’actualité. Quelle est la proportion de délibération morale qu’il faut se coltiner aujourd’hui pour pouvoir accepter intellectuellement de céder à ses envies charnelles.

Car la liberté des mœurs, c’était avant tout une histoire d’émancipation de la femme. Si elle a toujours été le sujet des convoitises masculines (peut-être est-ce pour cela que Botticelli est un démago), les années 60 sont aussi un tel bonheur dans nos têtes car les femmes savaient s’habiller. Le thème journalistique de l’invention de la mini-jupe ne peut ici être repris… mais les mini-jupes tout de même, sacrée invention ! Et surtout il y avait cette vraie envie d’esthétique. Le nerf de la guerre, des bottes de daim mises en valeur par des jambes nues, ou suggérées par des pantalons serrés.

Mais la mode a gâché notre fantasme, dans leur revival sixties, les femmes mettent aujourd’hui leurs bottes par-dessus un jean slim. Quelle invention ignoble, la beauté des choses cachées ne veut plus rien dire pour cette génération. C’est à des connaisseurs de la pornographie que tout cela parle. Une soumission visuelle, directement repiquée à l’icône prostituée de Harlem en 1969. Mettre des jeans avec des bottes par dessus, c’est un peu tout faire à l’envers.

« Vivons heureux, vivons cachés », car nous avons du mal à nous avouer qui nous sommes réellement. Pourquoi se tuer à vouloir afficher ses références au premier regard. Brian Jones ne s’est jamais autant rapproché de son patron Elmore James qu’au moment où il c’est ôté de son pseudo maladroit d’Elmo Lewis. C’est à ce moment là que sa guitare slide a pu réellement entrer en compétition avec celle de vieux bluesman noirs. Mais cette génération se sent portée d’une mission de grande envergure : défendre le peu de choses qu’ils ont découvert.

Que s’est il passé lors de toutes ces soirées, ces samedi après-midis où les femmes allaient faire du shopping. Y’avait’il beaucoup de femmes habillées comme Madona dans les années 80. Il y avait les stars, la HYPE et le monde. Aujourd’hui tout le monde veux faire partie du truc, et pour faire partie du truc, il faut des bottes. Les filles en ont acheté en quantité astronomique depuis deux ans, des centaines de pairs entassés comme des AK47 en ex Russie soviétique. Et la règle c’est qu’il faut les voir. Alors on les a vues partout, sur des affiches et des pubs, dans des films avec Emanuelle Seigner et Charlotte Gainsbourg ; des personnes à la culture éléctrique. Il fallait absolument leur ressembler. Alors les bottes faites à la chaine pour femme occidentale en manque de charme se sont mis à devenir énormes, des cuissardes de cavaliers. De l’autre coté il fallait avoir de petit postérieur dans des jeans serés. Du coup l’association des deux a donné une entité contre nature. Ce qui devait être le comble du chic est devenue une imagerie putassière.

Lorsque l’on trace la route soleil couchant, ce sont des centaines de personnes qui pressent s’entasser dans des clubs, non pas pour un idéal mais parce que c’est la chose à faire. Les jeunes connaissent le pouvoir d’achat depuis l’année 50, et ils doivent bien trouver comment dépenser tout ce fric… Et parce que l’évolution de la société le veut ainsi, aujourd’hui on joue cartes sur table : le samedi soir, c’est bien entendu fait pour s’envoyer en l’air. Alors ont met les bottes en avant, on affiche son parfum lourd et les tops transparents… la fin de l’érotisme en somme.

Qui veut vraiment participer à une génération qui n’a pas un minimum de retenue, qui n’a même plus conscience de l’affrontement des générations. Le but n’est même pas de représenter un danger, il est juste d’être frivole et non contrôlé. Pas de rêves là-dedans, donc aucune âme, soit aucun intérêt.

Par Little Johnny Jet

Laisser un commentaire