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BUFFALO KILLERS Let It Ride

On creuse en ce moment. On se creuse les ménages parce que la légèreté commence à nous peser. Certes, plus personne ne veut être dérangé par un artiste (...) suite

On creuse en ce moment. On se creuse les ménages parce que la légèreté commence à nous peser. Certes, plus personne ne veut être dérangé par un artiste ; mais les phénomènes de tendance commencent à tourner en rond. Quand il n’y a même plus de Hype, que les trentenaires regardent les jeunettes danser sur MGTM en se disant que c’est peut-être cela le truc à faire, que Technikart est en loose, que la Clique a été détrônée, que les gens de Magic et Voxpop sont en train de s’étouffer dans leur propre pub rock, que le place to be est une soirée électro au Bataclan… oui il y a comme un malaise. De toute façon, moi je ne sors pas.

De toute façon, moi j’essaye de trouver des billets d’avion pas chers pour Cincinnati.

Alors détachez vos ceintures, allumez vos cigarettes et jetez-vous par le hublot. Parce que vos jérémiades commencent à être fatiguantes. Il y a encore quelques petites choses à voir dans ce monde, et oui, c’est possible. Je me permets de le dire parce que les aléas et remords du micro réseau culturel parisien me tapent quotidiennement sur le système.

Let it rideAlors Cincinnati. Parce que l’international Gonzo n’y a pas encore foutu les pieds vraiment. Juste reçu des émissaires tels que Buffalo Killers ou Pearleane. De sacrées claques déjà pour ce qui est du rock électrique. Et quand les premiers sortent un nouvel album où pour la première fois de ma courte carrière j’utiliserai la référence directe aux Beatles… Pas les Beatles de Love Me Do bien entendu, mais ceux du Blues Cosmic, ceux du Lennon brun comme son héroïne, ceux du Mc Cartney enfin beau, chantant Get Back… Noirs comme des cristaux de charbon. Doux comme du lait après une défonce trop rude. Célestes en sorte. Célestes mais recouverts de poussière.

Cincinnati, sud de L’Ohio. Les billets sont chers et l’urbanisme décentré. Buffalo Killers nous y font donc les Beatles et T.Rex pour les morceaux les plus électriques (Get Together Now Today, If I Get Myself Anywhere) et le Creedance pour ce que Dick Rivers appelle lui-même ballades. Bien que la voix que l’on entend ici oscille parfaitement entre Marc Bolan et Robert Plant pour le «Screamming». Buffalo Killers, c’était dès le début cette musique d’un petit coin ensoleillé et aride. Le sable dans les gencives, mais le sourire gentleman du fermier. L’amour est dans le pré.

Dans quel état d’esprit ces gars rentre en studio ? Mon fantasme voudrait croire qu’ils n’en ont pas, que cette musique leur coule des doigts sans aucune réflexion. Mais depuis la découverte de King Harvest du Band… il est impossible de se dire une telle chose. Le Band était tout sauf un groupe de ploucs. De grands musiciens en fait, ayant une approche de leurs instruments, une connaissance des limites et de l’histoire. « I Work For the Union… » pas vraiment mon gars, plus pour Bob Dylan et son folk électrique intellectualisé. Bob Dylan, lui-même, n’était plus vraiment un plouc quand il vola House of Rising Sun.

Garder ou non le fantasme peut importe. L’important est de tomber à genoux à la première écoute d’un tel album. La volonté peut tout faire chanceler. Ou juste l’amour sans faille. C’est ma seule faiblesse hippie : l’amour peut vraiment faire pencher la balance.

Get together now today

 

Buffalo Killers // Let it ride // Alive Record

http://www.myspace.com/buffalokillers

3 commentaires

c’est exactement ça “l’important et de tomber à genoux à la première écoute”…
putain de disque !!! j’en ai des frissons

Commentaire par Alexis Kacimi, le Lundi 30 juin 2008 à 9:53

ben oui quel disque !
ils vont mettre combien de temps en France à en parler ?
heureusement que vous êtes là.
cheers.

Commentaire par vivian, le Lundi 30 juin 2008 à 18:38

oui que du bonheur heureusement que de tels groupes existent..tout comme “black mountains”"pink mountaintops”‘black keys”"lightning dust”"black crowes”..

Commentaire par Ldopa, le Lundi 30 juin 2008 à 23:16

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