Grosse actualité autour de Charles Bukowski, en ce printemps 2008.
Au Rocher, une nouvelle biographie et un recueil de poésie inédit ; chez Poussière éditions, huit jeunes auteurs rendent hommage à Chinaski…
Commençons par la bio. Signé Howard Sounes, ce Charles Bukowski. Une vie de fou, vient à point nommé remplacer celle de Neeli Cherkovski, qui pêchait par son amateurisme.
L’ouvrage de Sounes - qui a travaillé en interrogeant des proches de l’auteur – démarre sur la description d’une lecture houleuse, devant un parterre d’étudiants californiens, et se propose de décrire le cheminement de ce type de 50 ans, ancien postier, plus ou moins alcoolique, devenu un phénomène littéraire.
Sounes démontre comment son enfance malheureuse va façonner l’écrivain Bukowski, qui subit à la fois la cruauté de son père (petit bourgeois médiocre dont les tentatives pour échapper à son milieu s’avèrent vaines) et les assauts d’une forme d’acné particulièrement aiguë.
La lecture de ce livre est l’occasion de revisiter les nouvelles de Buk, au fil d’interviews qui confirment ce que l’on craignait : la plus grande partie de son œuvre est bien autobiographique ! Notamment cet incident survenu dans les années cinquante, quand Bukowki sodomise un ami… par erreur.
Concernant les sources de Sounes, je n’ai que cette interrogation : a-t-il réellement visionné le passage de Buk à Apostrophe ? Sa façon de décrire Catherine Paysan, comme « une séduisante auteur », me laisse songeur, je l’avoue.
Le Rocher propose aussi la traduction française d’un recueil de poèmes de 1969 : Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines. Il reste encore pas mal à traduire dans notre langue, et cette initiative est donc à saluer. C’est là du grand Bukowski. Avant le succès, avant l’argent, avant les filles… De la très « grande musique » :
« […] Je suis vieux quand c’est la mode d’être
jeune ; je pleure quand c’est la mode de rire.
Je t’ai détesté quand cela aurait exigé moins de courage de
de t’aimer. »
Plus au sud, un jeune éditeur, Poussière éditions, propose un recueil de neuf récits picaresques - courts, ramassés, humides, percutants -, écrits par huit jeunes gens traumatisés à vie par Bukowski : Demande à… Bukowski.
Alex Rossi, pour n’en citer qu’un, raconte, dans Souvenirs d’un presque rien, sa nuit de beuverie, le soir où il apprend la mort de son héros, et sa conclusion au poste de police, en cellule de dégrisement. Et c’est beau comme du Bon Scott !
Le lecteur sceptique se demande sans doute encore ce qui peut nous toucher à ce point, chez un auteur souvent considéré comme mineur, frimeur et vain… Je pourrais me lancer dans une longue explication, mais la lecture de ces trois livres répond mieux que je ne saurais le faire à la question. Et puis, il y a aussi cette phrase que prononça Bukowski, un jour, en famille, au pied d’un sapin de noël : « Il n’y a que quelques centimètres… QUI EMPECHENT L’HOMME DE SE SUCER LA BITE ! »
De ces phrases définitives qui nous font nous sentir tout petits.
Howard Sounes // Charles Bukowski. Une vie de fou // Editions du Rocher
Charles Bukowski // Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines // Editions du Rocher
Collectif // Demande à… Bukowski // Poussières éditions
4 commentaires
“Wel done”.
Un homme buko-olique qui nous manque encore trop…
En lisant sa bio, on comprend à quel point il s’agit d’un homme élégant. Il met une fille enceinte… il l’épouse. oui, c’est ce genre-là, Bukowski.




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“(Dieu est un endroit paumé sans steak.)” dixit HANK