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CALEXICO Carried to dust

Un groupe qui a passé la barre des dix albums peut difficilement surprendre. Mais il y a des groupes comme Wilco, Giant Sand ou justement Calexico, qui n’ont (...) suite

Un groupe qui a passé la barre des dix albums peut difficilement surprendre. Mais il y a des groupes comme Wilco, Giant Sand ou justement Calexico, qui n’ont plus rien à prouver et qui dansent en roue libre. Un bon contrat, parce que passé au statut de groupe intouchable et indémodable, et des gênes de troubadours, porteront ces roulottes de classique rock jusqu’au bout.

Carried to dustEnfants de hippies de la côte ouest, Calexico a su évacuer la psychose freak, se tournant d’avantage vers des espaces sans frontière qu’on appellerait vulgairement aujourd’hui en langage Peter Gabriel : world music. A vomir. Un héritage shamanique, des douceurs country, quelques dégustations hispaniques et un étalage de pop songs sans trop d’évidences pour rester libre, ce nouvel album à tout pour plaire. Un son intemporel partagé d’une fraîcheur très moderne et d’une cathédrale sonore ou Ennio Morricone serait le saint patron. Depuis 1997, date du premier album, le son a finalement peu évolué. Les chansons, malgré les textures de cowboys cools, ont une écriture européenne. Ce souci d’exotisme qui m’a toujours dégoûté dans notre chère chanson française moderne, me parait évident chez Calexico parce que réalisé avec goût.

Sam Beam (Iron & Wine), Douglas McCombs (Tortoise), et Pieta Brown viennent prêter mains fortes au cirque Calexico. Des gens délicats, attentionnés. Des arrangements en dentelles. Slide lointaines et décor désert, trompettes mexicaines et batterie jazzy, je revois toujours les mêmes spectres. Manger bio, faire l’amour avec charme, vivre au jour le jour sans idéalisme mais en maîtrisant ses pulsions. Un spectre de plus en plus lointain qui réapparaît avec des disques comme celui-ci. Pas de single, pas de vulgarité ni de pose rock mal digérée. A la manière du Ronnie Lane Slim Chance dans les années 70, Calexico possède une classe qui n’a pas de prix, une odeur bohème dont les bobos raffolent sans même vraiment comprendre pourquoi.

Calexio // Carried to dust // City slang

Un commentaire

C’est vrai qu’il est plutôt bon celui là. Et que la touche Tortoise se ressent, curieusement, à plaisir.
C’est pas l’album qui vous fera aimer Calexico (si Hot Rail n’a pas fonctionné, laissez tomber et foncez plutôt vous fourrer les oreilles avec le dernier Motorhead, voulez-vous) ni le meilleur de sa disco, mais c’est agréable comme un tour dans une vieille américaine ou une ballade sur les quais au début du printemps. Trop froid pour se déloquer et se mettre à l’eau, et pourtant quelque douceur locale conserve un attrait imparable.
De cette classe qu’ont les tonneaux estampillés “Classic Old”.
Bien vu Alex.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 1 septembre 2008 à 12:01

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