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DIRTY SOUND SYSTEM Space disco

Je n’ai jamais vraiment compris les compilations. Encore moins les best-of. Toujours un peu la même vieille théorie du pull sur les épaules ; pas assez chaud (...) suite

Je n’ai jamais vraiment compris les compilations. Encore moins les best-of. Toujours un peu la même vieille théorie du pull sur les épaules ; pas assez chaud pour le mettre, pas assez froid pour l’enlever, juste assez de cran pour choisir les températures moyennes. Et je déteste le disco en sus, on en revient toujours à cet excellent résumé de vie donné par The secret society sur son dernier album : Sad Boys Dance When Nobody’s Watching.

Alors dans ce contexte, une compilation de «Space Disco» aurait put tourner au fiasco. Une énième farce pour dindes amatrices de Justice, Datarock et Soulwax, le genre à annoncer le space disco sur le sticker pour mieux retourner sa veste et produire l’un de ces innombrables Shaft like où trois guitares wah-wah et une batterie Motown steviewonderienne suffisent à comprendre que l’industrie du disque possèdent aujourd’hui un catalogue d’artistes assez vaste pour sampler la création jusqu’à la fin des temps. Mais ici non monsieur, pas de cela. Avec la canicule annoncée pour juillet et les départs aux urgences pour déshydratations intensives, le Space Disco prend tout son sens. On ôte le pull. Et le reste.

Il y a déjà l’ombre chinoise de Grace Jones sur la pochette, preuve qu’ici les icones s’effaceront devant la musique. Et bon sang, foi d’anti-clubber que je suis, le tracklisting est parfait, hésitant entre érudisme musical (Regenmacher de Roedelius, la moitié de Cluster) et érotisme bacchanal (Baby let me kiss you de Fern Kinney, le genre de titre à s’auto-coïter pendant des heures). Et cette bande de psychopathes va même jusqu’à coller le tympan de l’auditeur sur le craquement vinyle d’époque, pas de retouche sonore, que du sonique, histoire de bien faire comprendre que branchitude ne rime pas forcément avec jeunisme, inculture et justement, on y revient, pull sur l’épaule.

Space disco, mélange subtil d’italo-disco non avouable et de rock spatial avec volant d’aéronef en peau de crocodile pour éviter les dérapages inter-galactiques. Il y a ce titre, Hai Samurai de Yellow Power, genre de truc introuvable sur les conventions de disques, et puis cet autre, Voyager II de Starbow, qui font penser à Mannix courant dans un San Francisco envahi par des orangs-outangs de l’espace. C’est à la fois noble et dansant. J’enlève la cravate.

Ne manquerait plus, à la limite, que Voyage of the Trieste de The Chocolate Watchband pour compléter le récital cosmico-disco de la bande des DIRTY boys. Dirty dancing ? Assurément mon grand, enlèves ton T-shirt.

DIRTY Sound System // Space Disco // Tigersushi, Discograph

http://www.d-i-r-t-y.com/
http://www.alainfinkielkrautrock.com/

7 commentaires

on pouvait se dispenser de la référence à justice et à ses fans pcq je crois la space/cosmic disco n’a pas grand chose à voir mais sinon plutot d’accord avec vous: bonne compil de dirty soundsystem, en tout cas carrément mieux que les précédentes

Commentaire par clems, le Lundi 25 juin 2007 à 10:54

Il me semble que Justice est tout sauf cité en référence non?!

Commentaire par Bester, le Lundi 25 juin 2007 à 13:07

Excellente compilation. J’ai un faible pour Undisputed Truth et Sylvester.

Commentaire par joe, le Lundi 25 juin 2007 à 4:08

Mais as-tu enlevé ton T-shirt pour faire la darty dance?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 25 juin 2007 à 23:19

Première remarque : Peut-on se passer de la référence à Justice à propos de cet album ? Perso, je ne sais pas, mais en tout cas dans le dernier Inrocks, le journaliste qui signe un papier sur “le retour du disco” en prenant cette compile de Space Disco en “premier symptôme” la fait (la référence à Justice). Je cite: “Ces dernières années, la résurgence du rock a largement occupé le terrain musical mais, de la même façon, elle semble s’essouffler sur la longueur et le succès tout récent, et presque inattendu, d’un grouep comme Justice annonce peut-être un renversement de tendance, une nouvelle donne (…)Bien sûr, Justice n’est pas un groupe de disco. Pourtant, son album est dabord un joyau de danse décomplexée, qui remet les pendules à l’heure - celle de la danse et de la fête.” Voilà, en m’excusant pour les âmes sensibles qui s’indigneraient à ce qu’on cite sans vergogne Les Inrocks dans cette contrée Gonzaïenne…

Commentaire par sylvain, le Lundi 25 juin 2007 à 17:49

Deuxième remarque : Bester, tes goûts sont encore plus Technikartien que tu ne le supputes ! Cette compile est l’iniative de Guillaume Sorge (connais pas) et de Glovis Goux (connais : critique zik chez Tech hé hé). Et comme je tire toujours ça des Zzzzinrocks, vas-y que je te recite du nainrocks pour clore le débat Justice vs Space Disco (c’est mister Goux qui cause) : “le disco a ses archétypes, dont le parangon est l’album Saturday Night Fever des Bee Gees(putain, ça me refout Mika l’abeille en tête ! pardon…). Aujourd’hui, l’album de Justice est une sorte de réinterprétation de Saturday Night Fever pour les années 2000. Ce disque marque le basculement vers une techno plus festive.” Sur ce, révérence.

Commentaire par sylvain, le Lundi 25 juin 2007 à 17:56

Mais là où la ressemblance s’arrête, c’est que Justice m’en touche une sans secouer l’autre…
Désolé Sylvain, je citais Justice comme le contre-exemple parfait qu’on retrouve placardé partout et qui dépasse le stade de création musicale pour remplir les têtes de gondole Auchan.
Oh et puis merde j’en sais rien…
Ce que je sais c’est que Space Disco m’a donné envie de réécouter Sshhh Peaceful de Miles.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 25 juin 2007 à 20:23

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