«Notre nourriture est dégueulasse et nos boissons infectes. Ne venez surtout pas dans notre wagon-bar». Au même moment, je me rappelle avoir lu il y a peu un article sur la consommation de drogues sur les lieux de travail. Je m’étais alors dit qu’à part les camés de naissance et les traders de la Défense, la pratique ne devait pas être bien courante. Maintenant, je peux étendre ma liste à la SNCF. Welcome to Angoulême.
Premier concert vers 17h : BB Brunes. « Décevant » titrera le quotidien local le lendemain. Et en effet, l’énergie des débuts est bien loin. Le public est si amorphe que la fosse devient commune. Seules quelques gamines de 13 ans dansent timidement. Ah j’ai failli oublier, il n’y a pas que ces jeunes filles qui semblent apprécier : Philippe Manoeuvre se trémousse lui aussi. Rien de bien étonnant : les Castors Juniors doivent sans doute écouter Le Gang autour des feux de camps. Pour les autres, l’extrême majorité, est plus que sceptique. Peu resteront jusqu’à la fin. J’ai dû partir après. Direction le bar et d’autres concerts en attendant que les babyrockers rentrent chez eux après être passés voir The Kills, permission de 22h oblige.
Nef partyLa réaction du public devant les BB Brunes est peu étonnante au vue de la programmation pointue du festival. Parfois peut-être un peu trop pointue pour certains. Alors qu’Anton Newcombe se faisait attendre avant le concert des Brian Jonestown Massacre, quelques-uns s’impatientent « Mais il est où Brian ? ». Véridique. Ca aurait presque pu être comique. Décidément Dig! a marqué les esprits. Au point que d’autres repartent déçus puisqu’aucun coup de poing n’a été échangé entre les musiciens. Pourtant, comme à Paris, Anton a vraiment assuré malgré les habituels imprévus qu’il créé. Mais le groupe a l’habitude. Quand il sort soudainement de scène, les musiciens jamment jusqu’à son retour.
Impossible de se rouler une clope vu les mouvements dans la fosse, alors un mec me demande une cigarette. J’en sors une du paquet et on commence à discuter. Ancien parisien, il me raconte entre deux morceaux le Gibus des années 70. Il me demande alors ce que c’est devenu aujourd’hui : euh… les Rock’n'Roll Friday tu connais ? Non ? Bah écoute t’as pas loupé grand chose … S’en suit une longue discussion sur des expériences avec les drogues et la musique. Je te conseille d’essayer de revoir le BJM sous LSD … Ah mais j’ai déjà écouté leurs albums sous MDMA . Tu connais ? Sourire.
Dans les bons concerts du jour, on retrouve aussi The Raconteurs et un Jack White bien loin des fredonnements de Seven Nation Army sur les plateaux de télévision par des personnes pour qui le rock se résume aux White Stripes et aux slims avec une langue à la Rolling Stones en paillettes sur une poche arrière. Et surtout Heavy Trash, un des nombreux groupes de Jon Spencer. Rockabilly Rules oh yeah ! Mais c’est le lendemain qui offrira les meilleures performances scéniques du week-end. Que ce soit les Hushpuppies ou les Hives avec un chanteur comme possédé. Je retrouverai d’ailleurs, peu après leur concert, certains des Hushpuppies qui se révèleront être très sympathiques : ils aiment par-dessus tout le rock et la scène, les ventes de disques sont bien le cadet de leurs soucis. Et en ce qui concerne les Stooges, je laisse le dernier mot à mon confrère, Little Johnny Jet.
Dimanche. Retour vers la gare. 13h. Paire de bottines imitation serpent. Des Wayfarer noires. Philippe Manoeuvre ? Déçu de ne pas trouver le Journal du Dimanche, il se replie finalement sur Public. Serait-ce pour la couverture avec Lily Allen topless à la plage ou avec l’espoir de lire 5 lignes sur le jury de la Nouvelle Star ? Philippe Manoeuvre. Pas de doute.




PLAY BLESSURES
Ouais Anton je l’ai vu mieux qu’à Paris, il n’est plus l’ombre de lui même à faires des set de même pas 1 heure …