Je n’écoute plus que de la musique sans âme. Je bannis avec systématisme les crooners qui éviscèrent leurs sentiments en geignant “Baby I Love You”. Et pourtant, je me suis un temps enivrée des Ramones et de la dégoulinante reprise de Be My Baby par les Lightning Seeds.
En réalité c’est surtout Oasis qui me hérisse le plus dans la débâcle impudique des sentiments. Mais, soulagement: tout le monde s’accorde enfin pour dire que leur nouvel album est du potage. Et cela m’ennuie vraiment que Glasvegas fasse la première partie de leur misérable tournée. L’analogie entre les deux groupes pourrait fatalement leur empêcher de rencontrer le public qu’ils méritent.
GlasvegasAvec leur manque de style et de charisme, Glasvegas ne risque pas de s’afficher en poster central du NME. Pourtant, leur single Daddy’s Gone était élu titre de l’année 2007 par l’hebdo girouette des indie lovers. Je ne lancerais pas la pierre à celui qui y trouvera des relents d’Umberto Tozzi car la voix du chanteur nous mène en bateau en Italie, pas seulement parce que le sujet de la chanson est très “Papa s’est fait zigouiller”, mais aussi à cause de l’accent très appuyé. Enfin, cela se saurait si les Italiens savaient faire autre chose que de la Disco. Un peu de réalisme, Glasvegas est en fait un groupe Ecossais ! Le nom est la contraction de Glasgow, (ses BMX Bandits et ses Pastels, moins couillus que les frères Gallagher mais tellement plus mythiques) et de Vegas, pour sa surenchère je suppose. Cette surenchère qui fait la force de Daddy’s Gone, où le chanteur James Allan, ancien footballer professionnel attaque en mettant tripes sur table. Jackpot. Avec son mur du son autant hérité de Spector que Jesus & Mary Chain il est arrivé au but et a son tour d’honneur dans le NME.
Allan Mac Gee est fan. Normal.
Le titre d’ouverture de l’album, Flowers & Football Tops -un nom merveilleux je trouve- flirte avec I Wanna Be Adored des Stone Roses. Il a cette même longue introduction silencieuse laissant peu à peu s’installer un voile de guitares et une batterie qui fait des remous dans toute cette eau de rose. Le titre s’achève sur un déchirant « You are my sunshine ». Et oui, Glasvegas, c’est comme lire « leurs lèvres s’épousaient comme une partie de Tetris sans faute » dans un roman de Chick Lit.
Glasvegas, c’est quand même plus chic que chick.
Leurs musique est aussi ridicule que majestueuse. Donc malgré moi, je me délecte de cet album avec la peur d’être prise sur le fait, éprouvant la même culpabilité que si je regardais un épisode des Frères Scott. Mais cette fois-ci, je refuse de cracher dans la soupe.
http://www.myspace.com/glasvegas




PLAY BLESSURES
Oh mais qu’il est beau ton papier Charline. Je suis direct sous le charme. Le rock de Glasvegas au contraire m’a séduit plus difficilement. Au départ j’ai trouvé ça trop pathos, trop lourdaud. Je continue à le penser d’ailleurs. Mazis force est de reconnaître que ça passe quand même. Ah ces anglais…