Ce qu’il y a de bien avec les commémorations, tout comme avec les groupies, c’est qu’on peut les b(i)aiser. En haut de votre navigateur s’affiche un chiffre, 100, qui marque presque deux ans d’activités corporatiste menée bénévolement par une trentaine de français qui ne connaissent pas la crise. Tout comme les groupies, l’argent reste une palissade qu’on peut encore sauter.
Dans telle situation, beaucoup se serait satisfait du chemin parcouru, des revues de presse et du succès d’estime, déjà dur à obtenir dans un monde où n’importe quel branleur sourd (cherchez le lien) s’excite sur le nouvel album d’Herman Dune, Strokes ou Chat (la nouvelle coqueluche d’EMI, le mot « coqueluche » étant à interpréter sous l’angle sanitaire). Pendant ce temps, chez vos kiosquiers qui font la gueule, de l’encre continue de couler pour rien. Rolling Stone, les Inrocks ou le dernier né, Rock, persévèrent à défricher les terres sèches et titrent, au hasard, sur Bruce Springsteen, les Beatles ou les Kinks. Parce que le monde moderne se mesure au pourcentage de nostalgie qu’on y place.
La grande différence depuis deux ans, c’est que plus personne n’est payé, que le journalisme culturel est lui aussi dans le rouge, et que si personne n’ose l’avouer, être rétribuer pour ses idées, c’est désormais aussi improbable qu’un BON album de rock anglais. Mais face au papier couché, l’homme sait encore ramper. Alors tout le monde se tait et continue d’opiner du chef lorsqu’il n’y en a plus. La ligne Maginot de la fierté est définitivement contournée.
Voilà deux ans nous avions fait le choix d’un autre langage un peu moins couché, justement. Partant du principe que tant qu’à ne pas être payé autant parler des vrais héros, ceux que vous ne connaissez pas. Morts ou vifs, ils restent inscrits en code PHP sur votre navigateur, dès lors que vous tapez Gonzaï dans la barre du haut. J’entends ici et là des rédacteurs en chef de website chouiner sur le « manque de rédacteurs, blah blah », la « difficulté de motiver les gens blah blah » et que c’est « dur de trouver un modèle économique ou de dire NON à un label ». Pendant ce temps, au même moment, des concepts tels que la subjectivité, le détail, font leur apparition dans le nouveau marketing, et ce n’est pas sans une petite pointe de fierté que je continue à croire que Gonzaï enterre la presse écrite musicale, jour après jour, ligne après ligne. Que vous le vouliez ou non.
Cent numéros, presque 1500 articles, sept soirées mémorables dont une dernière sold out qui fera date, en compagnie de Juan Trip et Koudlam. Deux visions modernes de l’héroïsme dont la France tait le nom, par souci de l’occultisme, alors que 400 personnes retournent une salle qui n’en avait pas tant demandé. La France et ses héros… le débat n’est pourtant pas si moderne. Encore faudrait-il remonter à Maurice Chevalier pour comprendre l’origine du mal.
Dès la semaine prochaine, Gonzaï change de peau. Appelons cela l’adolescence d’un média qui refuse de grandir, et qui à défaut de vendre son âme, conserve au moins tout son esprit. En espérant vous y voir toujours plus nombreux (à nous insulter), rendez-vous la semaine prochaine. Et celles d’après.
25 commentaires
Say it louder (I got a mouth)…
Say it loud : I’m gonzo and I’m proud !
Je vous doit la reouverture de mes tendres oreilles à une actualité musicale un peu plus subversive et expressive que j’avais laissé en plan .
Mes seul sources de decouvertes vibrantes c’etaient reduites a la playlist du service publique radiophonique (fip - f.inter) et a la selection de ma petite bibliotheque .
Trentenaire - Ex-Inrocks - Ex-accro labels Dischord (Fugazi…) , Sub-pop , Beggars banquet (Buffalo tom, Swell…) , bref des oreilles sans cerumen , des frissons de delectation , une niaque qui claque …
Alors , merci a toutes vos belles plumes en panache non-huppée
Pareil que raindh, 25enaire, merci
Merci pour la soirée à l’international: salle bondé, public hystérique, vigiles et
régisseur de la salle débordé, ambiance de révolte… Bravo
Longue vie à Gonzai !
Merci pour votre soutient.
Gonzai c’est bien mais ce n’est plus pareil, plus comme au début, depuis que Bester Langs roule en Porsche financée par Bailey’s, que Little Johnny Jet s’est mis au Korg et qu’Hilaire P. dîne chez Lipp avec Philippe Labro. Fini le cercle Pan(pan) et le Bar-bac. Le succès les a changés, je trouve. Et la no-win, merde ?
Un seul mot : Bravo. Vous êtes en haut. Indubitablement.
Une Porsche financée par Bailey’s ? Wouah la honte ! Au Jack Daniels, ça l’aurait fait, on aurait compris, peut-être même pardonné mais par du Bailey’s, c’est trop pour moi. Ma soirée est foutue. Vie de con.
Mince Charles, vous “y” étiez aussi ce soir là ?
Vous auriez dû me faire savoir votre présence, j’aurais demandé à mon serveur habituel de vous faire mettre (en tout bien tout honneur) un Mumm à mes frais. C’est le moins que je puisse faire, après tout : ma ré-édition en format relié et couverture rigide chez La Pleiade, je la dois à votre coup de “pouce” lors de cette soirée chez Carla…
Pour un centenaire, je le trouve encore bien vert le Gonzaï. Bon Anniversaire à vous qui savez être suprêmement agaçants, d’une mauvaise foi totale et d’un goût parfois contestable, mais surtout, surtout : Différents. Et rien que pour ça, je vous érigerais bien une statue : “Aux Gonzaïlistes héros de la critique rock et tombés pour la Transe, la patrie musicale reconnaissante.”
VIVE LE GONZAI NOUVEAU !
tous mes voeux gonzesques.
fabuleuse soirée samedi dernier. ambiance fin du monde avec des etudiants du XVIe en duffle coat qui pogotaient sur de l’electro croonante et sublime.
j’aime les soirées doom-sludge au gambetta mais j’avoue j’ai aussi aimé faire partie de ces gens.
bises et surtout keep alive.
Cher Gonzai,
je n’est toujours pas ressu les reliure que tu a promi que je recevrai comme cadeau avec mon abonement. Maintenant, les numero traine partout et ma mere arrete pas de m’engueuler. Imagine : 100 numero, le bordel que sa fait!
Bon courage
être lu, c’est sans doute le premier salaire du journaliste/écrivain/essayiste, critique, je suis content de venir vous donner “ma pièce” chaque jour, voire pluisieurs fois par jour. Continuez comme ça! DaCha.
Bravo pour votre excellent travail ! J’ai hâte de voir la nouvelle mouture !
“Cent numéros, presque 1500 articles, sept soirées mémorables dont une dernière sold out qui fera date, en compagnie de Juan Trip et Koudlam.”
T’oublies pas quelqu’un ?
Allez n’est pas honte, on sait tous que t’étais au premier rang.
Très vrai. Moi j’y étais au premier rang et je n’ai jamais vu autant de jeunes filles à ces soirées.
Violett c’est pas du luxe.
Chère Chloe,
Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez.
(Et d’ailleurs qui êtes vous?)
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Je me chie dessus à attendre la nouvelle peau de Gonzaï. Car bien sur, seul le détail compte. Et Joyeux centième !
MrMeuble, tu peux pas faire attention! ca se voit que c’est pas toi qui nettoies les canapés apres tes explosions d’impatience!
Et quand t’es content, c’est pire, c’est le genre de détail qui compte, que je mets des plombes à enlever - sans parler de l’odeur, même le minet, il y va plus sur le canapé après!
Merci à tous les rédacteurs, vous êtes un peu comme ces artistes maudits, sombres hérauts de l’amer…Des fourmis dont l’armée est en marche sur le conformisme et l’inactivité, l’acculturation, car la manif hier…honnêtemet, grosse mobilisation mais mou du genoux tout de même…La gonzo-culture c’est pour ceux qui le méritent…Et l’élitisme c pour les cafards baveux, (désolé pour les cafards pardonnez moi) qui valent pas mieux que les reacs ultralibéraux.
Vous serez bientôt scorpions mettant à mort reaganisme et sarkozysme néfaste. 300 spartiates du l’espace neo-intelligent! Bravo.
Bon anniversaire Gonzai, je vous lis toujours avec plaisir.
En revanche, mollo sur Maurice Chevalier, c’est un grand artiste et il a été très courageux pendant la guerre (réécouter des titres comme Paris sera toujours Paris ou Notre Espoir, chantés en pleine occupation, on se faisait fusiller pour moins que ça !)
bon centenaire gonzai!




PLAY BLESSURES
Heureux centième numéro célébré dans la joie et la mauvaise humeur ! Et puis merci de nous avoir épargné une rétrospective sur les 100 groupes ayant changé la face du rock des familles. J’aurais bien voulu te tacler la gueule en te sortant un magazine de presse écrite capable de vous mettre la fessée, mais décidément je n’en vois aucun…
Surtout ne changez rien, pas même votre slip, et continuez à nous faire découvrir des albums à faire péter le soutien-gorge des copines.
Bisettes.
Heebooh