Un article à chaud. C’est la moindre des choses pour l’artiste qui aura le plus chauffé nos oreilles et fait groover nos coeurs. “Un chanteur” vous diront L’AFP et Google News, “à ne pas confondre avec Barry White”. Mais allez vous faire mettre. Isaac Hayes, le compositeur de génie, l’arrangeur divin… Juste l’une de ces personnes à qui on doit la grandeur de la musique contemporaine… et la voix d’un peuple. Black Moïse.
Bizarre, parce que j’en avais parlé toute la semaine. 24H avant sa mort, avec la diffusion de Joy dans un studio photo où une mannequin de 17 ans allumait langoureusement la cigarette d’un chanteur de 45… Puis le choc de le voir mourir. Oui, car de manière prémonitoire, je l’avais vu se faire cribler de balles. Un choc de culture. Isaac Hayes, chef des pirates, robin des bois, un “Outlaw” comme l’aurait dit Thompson. Tué par un salaud de blanc. De quoi me faire détester encore plus ma couleur de peau.
IssacUn historique. Non. Pas d’explication de ces débuts à Stax quand il était l’homme de l’ombre, l’homme de studio. Tout cela pour venir la lumière et nous faire dire cette ultime phrase : ” black is beautiful.” Le Wattstax, vêtu uniquement d’une cotte de maille sur sa peau. Les esclavagistes l’avaient eu jusqu’au scrotum ce jours-là. Plus qu’une revanche: la grandeur.
On pourrait évoquer la sexualité. On pourrait dire qu’il n’avait qu’à ouvrir la gorge pour faire s’humidifier les sous-vêtement et durcir les membres (dont les tétons). Que ces morceaux les plus langoureux ne faisaient pas 15 minutes pour rien. Qu’il aimait l’amour à plusieurs (avec Barry White sur un clavinet de l’enfer), les blagues scatos et plus récemment les extraterrestres.
Isaac Hayes ou une certaine idée de l’esthétisme. Les basses les plus hallucinantes jamais entendues. À placer directement à côté de Ron Carter et Paul Jackson. Les arrangements de cordes comme des explosions dans nos entrailles. Une musique tellement prenante et sinueuse qu’elle en donnait la nausée et vous crispait de plaisir.
Voilà notre condition, bien entendu. Les voir mourir. Comme James Brown à Noël ou Syd Barett dans l’anonymat. Comme nos proches et nos ennemis. Et ce n’est pas qu’il sortait encore de bons albums ou faisait des choses vraiment intéressantes…
Hayes faisait simplement partie de ces inconnus à qui l’on doit la vie.
3 commentaires
Arthur Lee, James Brown, Bo Diddley… et maintenant Isaac Hayes… L’Amérique se vide de tous nos plus grands Brothers !
Le hip hop est orphelin et tout le monde s’en carre.




PLAY BLESSURES
LJJ c’est dingue comme j’aime quand tu parles music black alors que lorsque tu parles “baby rocker” j’ai envie de vomir.