Jean-Charles de Castelbajac se souvient de la galerie de portraits qui composait l’underground Parisien et international qu’il a fréquenté quelques jours (ou plutôt quelque nuits). Des récits d’amitiés solides.
On a trop souvent, à tort, enfermé Jean Charles de Castelbajac dans la case trop restreinte de couturier. Mais JC/DC est bien un touche à tout polymorphe, un véritable esthète qui puise son inspiration aussi bien dans la peinture et la littérature que dans le rock. Oui en vérité le premier modiste rock fut Castelbajac mais existe-t-il plus dur exercice que d’être rock en France ? Sinon que d’y être un couturier rock n’ roll?
Cette chose ne mérite t’elle pas un infini respect à elle seule? Ici quelques réponses en forme d’aphorismes où l’amour du bon mot est roi.
Les New-York Dolls?
Le 28 novembre 1974, nous nous retrouvons tous, les Dolls, Malcolm Mc Laren, Jean-Pierre Kalfon, Benjamin Baltimore, Yves Adrien, Pacadis… A la coupole, David Johansen entame le gâteau et chante Happy Birthday, Jean-Charles, c’est bouleversant, champagne!!! L’adition elle aussi arrive, nous n’avons pas assez, aussi d’un seul homme nous nous levons et partons. PS: Je suis depuis retourné sur les lieux du crime.
Robert Malaval?
Je suis tétanisé backstage, sur mon premier défilé au Musée Galliera, là dans mon tee-shirt “Enjoy Cocaine”, les applaudissements crépitent, je ne veux pas sortir et me montrer sur le podium, trop timide. Mon ami robert déboule : “qu’es ce que tu fait, viens!”; il m’embarque pour mon premier salut et reste à mes cotés, comme un garde du cœur. Je pense souvent à lui.
Jean jacques Schuhl?
Rose poussière, offert par Malaval, j’ai trop aimé…Ils avait fait un livre sur les Stones, unpublished. Le lanceur de rose dans la tombe abyssale! Jean-Jacques, Ingrid Caven et Fasbinder, ils avaient posé dans ma campagne d’image shootés par Bettina Rheims en 1983 et puis en 2000 j’ai dédié à Jean-Jacques mon défilé le plus sombre et désespéré, Franckenstein le dandy. Il est venu, à aimé, j’ai beaucoup de tendresse et d’admiration pour lui.
Jean Michel Basquiat?
Je bossais en Italie pour Maxmara, en échange de mon travail je ne voulais pas d argent mais trois tableaux par saison,6 ou 7 par an. En 1980 Mario Diacono, mon ami galeriste à Rome, me présente à New-York Jean-Michel. Un charisme chamanique. Je lui achète un grand tableau noir “Motor Star”, je l’ai revu souvent avec Robert Maplethorpe et Sam Wagstaff,Diane Benson..La dernière fois que je l ai vu, c’était chez moi, j’avais fait une belle fête pour lui, mais son cœur n’y était pas…
Alain Pacadis?
Alain a fait parti de ma vie dès la fin 70 et début 80, nous avons vécu de beaux moments, quelques bagarres mémorables, car c’était un provo-rockmantique, Il cherchait ce risque, ce danger. Il était notre tite-live, notre commines, notre Villehardoin, mâtiné d’Emmanuel Bove, Cioran ou Lowry.
Jean Charles De Castelbajac?
Un passé spiritueux, un futur spirituel?
Jean Francois Bizot?
1970,60 rue de richelieu, j ai 20 ans et un premier job chez Pierre d’Alby comme 3éme couteau. Dans la cour je croise tous les jours un albatros dégingandé. Nous sympathisons vite, J’ai trouvé un ami, nous vivrons les dolls, les sex pistols, ensemble. Il m’emmènera dans son monde souterrain, m’apprendra la conscience politique et la prise de positionpour défendre une idée. Nous avions un commun cette inébranlable intérêt pour les autres et leurs talents. Jean-François était un pécheur d’étoiles.
Patrick eudeline?
Patrick je le connais depuis toujours comme Marc Zermati ou Philippe Manœuvre. Ce sont des preux fidèles à leurs idéaux.
Malcolm Mc Laren?
Je me baladais a King’s road,1973,je vois une drôle de boutique, je rentre il y a des tee-shirts avec des os de poulet, superbes, moi je fais des tee-shirt en serpillières! Je me sens direct à la maison. La fille me dit qu’elle se nomme Vivienne et que son homme c’est Malcolm. “Too fast to live, too young to die”; deux mois plus tard les New York Dolls seront chez moi rue de Trévise, suivront les Sex Pistols, Bow Wow Wow etc,.. Lorsque Malcolm a du quitter Londres après la grande escroquerie du rock n roll, il est venu vivre chez moi a Neuilly (sic). Un jour je l’ai emmené au Pére Lachaise, nous nous sommes faits shooté par un paparazzi sur la tombe Piaf, La semaine après un tabloïd anglais titrait: «Malcolm Mc Laren et son garde du corps escape in paris». Malcolm est le brillant fils de Machiavel, filleul de Guy Debord et parrain de mon fils Guilhem.
Guy Peelaert?
Dçs la fin 60, j’étais fan de Guy et de sa créature Pravda la survireuse. J’aimais aussi Alan Aldrige, Hans Edelman, Peter Max, Seymour Shwartz et Maupeou. Puis Rock dreams, la couverture des Stones en péplum romain ses femmes élastiques m’ont toujours inspiré. En 2001 je l ai contacté pour dessiner mes imprimés et l’invitation de mon défilé Physical Graffiti, je lui ai dédié le show : 30 brésiliennes en Jodelle, Juan Trip jouait un krautrock cosmique. Superbe ces 15 minutes de gloire!!! Vive Peelaert!!
Le concert des Sex Pistols au chalet du lac?
Je me suis occupé du Bromley contingent et de Steve, Glenn, Paul pendant deux jours c’était assez surréaliste. Il y avait aussi Jamie Reed et je crois Siouxsie, une brasserie de Montparnasse a eu du mal après leur passage a s’y retrouver…Steve Jones étais toujours en moto avec moi, en quête de parisiennes(sic),puis le concert, Stark a la lumiére, Pierre Benain à la logistique…Cette énergie hallucinante de Johnny Rotten, nous a pétrifié de joie. Malcolm savourait son manifeste.
Mareva Galanter?
Ma femme, ma renaissance. Elle est hypra-talentueuse, elle (re)vient de loin, comme moi, elle m’a inspiré un film (Kittyfornia), un livre (Eneco), des chansons… Sa beauté me transporte.
Et pour finir la mode c’est vraiment quelque chose au bord du suicide comme le disait Coco Chanel?
Pour être au bord du suicide, il faut avoir une conscience.
http://www.jc-de-castelbajac.com/
http://www.myspace.com/rockmantik
8 commentaires
Ne pas regarder les questions mais s’inspirer des réponses… Ce n’est pas ça le rock’n roll?
Oui, oui, mais je les trouve pas méga inspirantes, on a juste l’impression de feuilleter l’album photo de papy…
il est plutôt cool ton papy. Et qui a dit qu’on apprenait pas plus dans l’album photo de papy que dans des bouquins de François Bon, les petites histoires pouvant être bien plus qu’anecdotique, comme certaines ici.
made in GERS!
vraiment tres rock and R JJde CAStelbajac , je ne savais pas qu il en faisait tant . bravo . j habite Lascazeres dans les hautes pyrenees et il y a aussi des Castelbajac dans le village , peut etre des cousins ? . moi je fait de la peiture . allez voir mon site ! .. http://www.myspace.com/mcjuston
C’est presque de votre berceau du Gers que je vous écris, je suis admirative de votre travail de “touche à tout”… N’est ce pas le propre de tout créateur? Et en plus vous réussissez partout…Merci pour votre enthousiasme créatif et communicatif… Vous me donnez le courage de poursuivre mon oeuvre d’artiste, même si je ne bénéficie pas de votre popularité, je suis très heureuse d’avoir embrasser “au berceau” la voie de la création….Et de me questionner sur la perception du réel, la multiplication des sens et l’ambiguÏté de la vision des choses à travers la “Diffraction”, ma quête journalière.
N’hésitez pas à consulter mon site:www.martinecastel.com




PLAY BLESSURES
Hum c’est très pipole tout ça mais est-ce très rock ? La nuance entre daté et gonzo existe…