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JÖRG HAIDER La Führer de vivre ?

Membre dirigeant du Parti autrichien de la liberté (FPÖ) et président-fondateur de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ), Jörg Haider prend un virage à 180° le 11 octobre (...) suite

Membre dirigeant du Parti autrichien de la liberté (FPÖ) et président-fondateur de l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ), Jörg Haider prend un virage à 180° le 11 octobre 2008 en choisissant de s’encastrer dans un pylône avec un taux d’alcoolémie bien supérieur à la moyenne.

Bien supérieur à la moyenne, Hilaire Picault se fend ici d’un texte épitaphe sur l’enfoiré d’extrême droite qui rêva un jour de conquérir le monde par le versant extrême. Gone, too much to soon? L’adage ne se vérifie pas toujours. 

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Mon ami,
Je suis comme tu le sais à Vienne, mais pour la première fois écœuré d’y être.
Tu trouveras ici une petite note rédigée à l’encre de ma bile dans le train qui m’a ramené vers l’Université de Salzbourg.

Amitiés,
F. W. G.

P.S. : Je sais ce que tu vas penser ; oui, tu peux l’envoyer à Gonzaï.

La fuhrer de vivreL’ambiance est moite et gaie. J. sourit à l’homme accoudé près de lui, boit une dernière gorgée de schnaps et lève avec une lenteur paisible ce long corps encore athlétique. Il lui passe une main délicate dans les cheveux et se penche pour l’embrasser sur les lèvres.
Les deux hommes s’échangent encore quelques regards langoureux pendant que J. ajuste les boutons d’argent de sa veste en fine laine. Un edelweiss est brodé sur la manche. Enfin, il sort rejoindre la nuit d’une démarche sensuelle et virile.

J. s’installe confortablement dans l’immense Volkswagen. Et puis la route défile et ses rêveries aussi : les lacs de cette Carinthie romantique, cette nature inviolée, le corps suant de S. au hammam, les forêts de pins noirs et la brise froide et mordante, les mots d’amours un peu durs et vulgaires que S. lui murmurait pendant leurs ébats.
Ils se reverront à Vienne quand l’heure sera venue de former le nouveau gouvernement. Il a de grandes choses à faire maintenant pour préserver son pays des affres de la crise financière dans laquelle l’avide juiverie internationale a précipité le monde.
Il n’y a pas de chômage ici. Nos paysans vivent bien, portés par leur volonté au labeur, le respect de leur famille et leur amour d’une patrie sincèrement versée à une brillante tradition ancestrale. Personne dans ce pays n’a besoin de Bruxelles.

J. soupire avec satisfaction. Une marche militaire bât avec enthousiasme son cœur : « Die Fahne hoch! Die Reihen dicht geschlossen ! ». Des beaux soldats en uniforme noir défilent et ils ont tous le torse, le petit cul, et le visage de S. Sur leurs képis, crânement inclinés, sont brodés des edelweiss d’argent. La route qui déroule semble le conduire vers un triomphe bienvenu à cinquante huit ans.
Il est confiant, fier de lui, et convaincu de son sacre. Le poteau de béton qui déchire la tôle de sa VW à près de 140 km/h lui prouvera trop tard le contraire.
Dans un fracas sonore beethovénien des milliers d’éclats de métal jaillissent dans l’éclairage public. On dirait des brillances et des ors de Klimt. Le corps et les tendons arrachés par Egon Schiele.

En vérité, ce n’est qu’un Landeshauptman qui s’éteint. Digne fils d’une certaine Autriche

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Ce texte m’a arraché des larmes de rage. Pouvais-je, moi humble démocrate tolérant et rock’n'roll, vouloir un jour voir mourir un homme ? Fut il le dernier des salopards ? Non bien sûr. J’ai toujours vomi les guillotines et les electric chairs de tout type, alors je serais bien incapable de réclamer qu’on presse la détente ou qu’on abaisse le couperet. Pourtant la répugnance qui dessina ce sarcastique sourire sur mes lèvres à la réception de ce billet viennois, avait quelque chose de carnassier. De quoi faire peur en vérité.

Jorg a la plageJe me suis demandé ce qu’il y avait là-dedans qui puisse pousser un homme (bon au demeurant, cool quoi, enfin capable de cuisiner un joli truc à des amis et reconnaître un bon solo quand il en entend un) à devenir une bête.

Alors que j’aurais pu me contenter d’un “Salut à toi l’artiste, tu es parti trop tôt” et d’un claquement sur la cuisse.

Bordel de dieu, on avait foutu Amadeus dans un trou vaseux et puant. Et deux siècles plus tard, ce sont peut-être des centaines de juifs qui reçurent le même traitement à Mauthausen. Alors comment pouvait-on ne serait-ce que saluer une enflure de la sorte ? Lui fournir des honneurs !

Bien sûr, il y a une obligation protocolaire là-dessous ; il était tout de même gouverneur en quelque sorte du Land qui devint son tombeau. Rien que ça tiens, qu’il ait été élu, reconnu légitimement, c’est déjà une foutue réalité insupportable. Et puis il était le leader du parti qui jouait coude à coude avec la majorité, donnant une couleur brune nauséeuse à la démocratie. Foutre dieu, il aurait pu être Führer ce type !

Et puis comment garder sa dignité quand on est pro-nazi avoué, antisémite, islamophobe, intolérant en un mot et encore je le trouve trop fade ; et à la fois bisexuel et capable de se foutre en l’air à 140 sur une voie limitée à 70 avec un taux d’alcoolémie supérieur à deux fois la limite autorisée ?
Effrayé de ce que je devenais face à cette anecdote, ce ‘détail de l’histoire’ aurait dit l’autre boursouflure, je me suis mis à chercher des images, des vidéos, pour relativiser. Et ce que je vis n’était pas pour me calmer : le cercueil de Jörg Haider porté solennellement sur un affût de canon ; les visages de ses proches (dont son amant !) et même de ses rivaux vantant son génie politique et la brillante carrière qu’il avait faite. A la fin, la simple expression “Funérailles nationales” me rendait hystérique.

J’ai temporisé, laissé passer les semaines, mais le goût de la bile ne passe pas si facilement. Et je ne m’explique toujours pas comment près de la moitié d’un pays peut encore aujourd’hui supporter un obscurantisme humain tel que le B.Z.Ö. le prône. Comment on peut être si rétrograde et fermé en étant soi-même tenu de cacher sa sexualité sous des dehors excentriques ? En fait, comment on pouvait faire l’apologie de la haine et être respecté pour ça ? Aimé pour ça…

Aucune réponse ne m’est venue à ce jour, ni acceptation morale.
Mais pire que tout, je trouve qu’à ma manière, en les haïssant de la sorte, je commence à leur ressembler.

7 commentaires

C’est aussi le 70ème anniversaire de la Kristallnacht ce soir.

Commentaire par Johnny Cohen and the New Age Nazis, le Lundi 10 novembre 2008 à 4:09

Ne soyons pas à couteaux tirés.
Rock around the bunker.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 10 novembre 2008 à 11:29

Haider est ailleurs, a-t-il trouvé la paix? nul le sait, n’oublions jamais que haider comme hitler ont été enfants et sont devenus des monstres à l’état adulte. Si leur éducation avait été différente comme l’a écrit E.E SCHMITT “la part de l’autre”, qu’en serait-il? mais c’est vrai que la question du ressenti est assez schizophrène dans le cas de tels personnages…

Commentaire par oliver twist, le Lundi 10 novembre 2008 à 16:36

[...] Jörg Haider : la Führer de vivre ? Je n’ai pas encore lu l’article, désolé. Mais le titre m’a fait rire. [...]

Commentaire par Fenêtre sur net « Je chante pour les transistors, le Lundi 10 novembre 2008 à 14:09

[...] Jörg Haider : la Führer de vivre ? Je n’ai pas encore lu l’article, désolé. Mais le titre m’a fait rire. [...]

Commentaire par En vrac « Je chante pour les transistors, le Lundi 10 novembre 2008 à 18:35

On va pas pleurer ce bellâtre bisexuel carinthien à culotte de peau.

Commentaire par Nikko, le Lundi 10 novembre 2008 à 18:46

“à la mort de tino rossi, j’ai repris deux fois des moules!” ein prost für mein Fureur de vivre de Pierre.

Commentaire par dudu, le Lundi 10 novembre 2008 à 19:39

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