Manchester, 1976, les habitants commencent à devenir fous dans les HLM, la ville est un vaste dépotoir laissé à l’abandon, la crise des arsenaux est déjà bien entamée. Quatre jeunes en avaient marre de glander dans la rue, ils ne se connaissaient pas encore que quelques toqués commençaient à en avoir mal du rock tout mou pour danser.
Docu Grant GeeComme beaucoup, certains commencent à dire « no future ». La police est méfiante, les politiciens ont des choses plus sérieuses à faire, bien sûr… Mais ça va donner la pêche à quelques mecs qui en ont marre de passer des annonces pour mendier du taf. Au lieu de passer pour des crétins devant un patron qui leur demanderait éventuellement le cul de la crémière, ils se rencontrent pour faire de la musique. Et ils n’y connaissent pas beaucoup plus en musique que les Clash. Ils ont juste vu un concert des Sex Pistols…
Le documentaire de Grant Gee raconte l’histoire de Joy Division jusqu’à la mort dramatique de Ian Curtis. Sa femme lui avait dit qu’elle mourrait le lendemain si elle le quittait… Sa maîtresse n’aura rien pu faire contre une pendaison. C’était en 1980. Entre 78 et ce moment, ils auront fait de la musique pour pas un radis. Ils auront eu plusieurs producteurs, et leurs meilleurs morceaux ne sont pas forcément ceux qui les auront les plus enrichis. Ceux qui ont survécu à cette époque ont bien vieilli, ils font encore des galas un peu partout sans perdre le rythme, en bons pépères. Mais ils ne font plus une seule chanson de Ian Curtis. Un peu comme certains passagers de US Airways qui, bien qu’étant montés dans un airbus atterrissant sur l’eau, garderont un souvenir inoubliable des talents des ingénieurs de Toulouse. Grâce à la compagnie américaine, nous savons désormais que les dépliants sur l’évacuation des avions ne servent pas à rien: dans quelques siècles, les archéologues se pencheront avec intérêt sur cette civilisation qui engloutissait des gros porteurs à moteur thermique.
Bon, en vrai, la fin du documentaire est minable. En gros, Manchester a été sauvé par Joy Division, et, même si je ne me rappelle pas de la formule exacte du documentariste, celui-ci pense qu’un simple groupe de musique est à l’origine de la renaissance de Manchester. Franchement… ça et la dernière branlette de votre serviteur…. Je n’ai jamais écouté de punk en dehors des Clash. Moi mon truc c’est le rap. C’est pas une bande de types qui se prennent pour des aristocrates qui va me troubler.
Et malgré tout, il subsiste de bons moments: le producteur qui deale, la maîtresse française ultra sophistiquée, le grand truc de Ian Curtis jouant avec des porcs au milieu du lisier… Il y a aussi le passage où Joy Division réinvente les basses, ce qui fera réfléchir certains. Sans parler des premiers squats d’artistes où les mecs en sont réduits à admirer de l’art abstrait. Et puis il y a le patron de salle que tout cela faisait bien rire, et qui, malgré les menaces de la police, s’entête à faire jouer des musiciens qui insultent la Reine, le parlement et les victimes. (le bon salaud…). Et puis il y a beaucoup d’autres choses… Mais bon sinon je ne suis pas sûr que la BO soit de Ian Curtis; c’est à vérifier.
Joy Division, sortie le 28 janvier 2009, de Grant Gee, documentaire, 2007
9 commentaires
Pour info, c’est bien beau de critiquer, mais il faut aussi se renseigner. Ian Curtis s’est suicidé. Il n’est donc pas mort d’overdose.
Quant à Manchester, Joy Division fait partie de son histoire. La musique, ça façonne aussi une ville. Surtout que la scène rock a cette période là a été plus que florissante…
A bon entendeur.
“Et ils n’y connaissent pas beaucoup plus en musique que les Clash. Ils ont juste vu un concert des Sex Pistols…”
Ils étaient pourtant fans de, entre autres, Kraftwerk, de Bowie, du Velvet (ils reprennent d’ailleurs Sister Ray). Ce n’est pas parce qu’il n’y avait RIEN à Manchester, en termes de concert, que le quatuor n’y connaissait rien.
Quant à l’overdose, je me suis bien marré. A la limite, tu aurais pu parler d’une crise d’épilepsie - et planter de peu. là, c’est simplement lamentable.
Sur New Order, ta mauvaise foi est drôle ; mais “Mais ils ne font plus une seule chanson de Ian Curtis.”, ben si, pourtant. Ceremony, Love Will Tear Us Apart…
Ce doc méritait mieux qu’un papier bâclé. Une critique négative, pourquoi pas. Mais là, c’est du gâchis.
“Quant à l’overdose, je me suis bien marré. A la limite, tu aurais pu parler d’une crise d’épilepsie - et planter de peu. là, c’est simplement lamentable.”
ENORME CONNERIE PASSEE A TRAVERS LES MAILLES DU FILET. Correction faite, my mistake. Pour le reste, le public juge.
ce qui a de bien c’est que j’ai jamais écouté un seul morceau de joy division.
C’est une critique dans l’esprit, donc ad hoc. Machin est bien mort d’une OD de conneries la sienne et celle des autres. Mais il a fait de bonnes chansons tristes avant.
Moi j’ai bien aimé ce film qui cite pour une fois Sordide Sentimental et qui plus généralement ouvre enfin la porte à une version des faits qui change de celle de Deborah Curtis. Il manque cependant une pièce au puzzle mais je ne vous la donnerai pas à vous de la trouver.
Le vrai auteur de ce papier c’est Julien Doré non?? C’est du même niveau en tout cas!!!




PLAY BLESSURES
Belge, la maîtresse, pas française. Belge…