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KOUDLAM Live at Teotihuacan

Ou la rédécouverte des territoires inconnus Où comment j'ai replongé. J'ai chuté. Je suis retombé en enfance, à l'écoute du nouvel EP de Koudlam, sobrement intitulé Live at Teotihuacan, (...) suite

Ou la rédécouverte des territoires inconnus

Où comment j’ai replongé. J’ai chuté. Je suis retombé en enfance, à l’écoute du nouvel EP de Koudlam, sobrement intitulé Live at Teotihuacan, en hommage à beaucoup de choses, de terres perdues, d’hommes tombés, d’absurdités et d’incohérences du temps. La guerre des mondes 2.0, entre l’artiste et son passé, exhumé par Pan European Recordings, le label de Koudlam. Au dos du vinyle, une inscription: “Ce disque est dédicacé aux Indiens d’Amérique et tous ceux que l’on a dépossédé et que l’on dépossède de leurs terres, de leurs paysages”.

De longs travellings sur les plaines américaines désertes, focus sur les ricains texans, zoom sur les réserves indiennes appauvries. L’histoire des Indiens, maîtres de l’ancien monde, mis en musique par Koudlam.

KoudlamUn homme qui ne paye pas de mine, derrière ses Wayfarer.
Un artiste seul contre le reste du monde, assis derrière son laptop d’or et d’argent.
Un vinyle pour un en finir avec la platitude des volumes.

Live at Teotihuacan, s’il n’est qu’un EP 4 titres, s’il n’est qu’un prétexte, s’il ne sort que dans quelques boutiques spécialisées, et que vous ne pouvez le trouver nulle part (au hasard, à Dunkerque, à Levallois, à Mexico), c’est avant tout la recherche de nouvelles terres. Bien plus qu’un ego pensum sur la condition humaine des peaux rouges. Bien plus qu’un album finalement, tant la démarche musicale est underground: Creuser le sol, partir à la conquête de cette chose qu’on ne trouvera jamais, l’amour, le grand Condor, les médaillons solaires. Koudlam, héros des tempos modernes, serait-il le fils du soleil?

Les mystérieuses cités d’Or, je les retrouve sur le premier titre épique, The great empire, longue et lente dérive minimale qui fait flip flip dans le ciboulot, vingt minutes de transgressions du bien pensant avec un revival futuriste. Où comment moi, Koudlam, j’ai regardé en arrière pour y voir mon futur. Oser les inserts impossible, l’ocarina en réverb’, les expérimentations que Michael Oldfield foire depuis environ 20 ans dans son odyssée world mal baisée.
koudlam-back-coverPuis le choc, la calandre du bolide en pleine gueule, sur See you all, deuxième titre ravageur tellement pop, tellement autre chose, tellement moderne et si ridicule, qu’on n’en saisit que les facettes et l’aspérité. Ne surtout pas posséder toutes les clefs, ne pas poser le “tu m’aimes?” en question, et ouvrir les bras comme l’ultime offrande au dieu Soleil.

J’exagère à peine, Koudlam vient juste d’ériger un monolithe en plastique qui défonce la notion de “post-modernité” que vous vous tapez partout sur les blogs, dans les revues, tous ces groupuscules littéraires à la recherche du nouveau Tsar qui leur claquera le beignet pendant quelques secondes. Pendant ce temps, Koudlam continue de chanter à gorge déployée, membre unique d’un groupe qui n’en est pas un.

Koudlam est tout, unité indivisible des champs perdus et du reverse pipeau samplé.

00H40. Koudlam entre en scène, entouré des fidèles. J’exulte, j’oublie les malheurs et les vains sacrifices, persuadé enfin que demain il fera jour sur un nouveau monde, que les robinets cracheront de l’or, et les croyants bénis pour toujours, dans un monde où le port des Wayfarer sera devenu la norme.

Koudlam // Live at Teotihuacan // Pan European Recording

12 commentaires

Force est de reconnaitre que Koudlam, comme qui dirait, c’ets pas de la merde inca.

Autant à la première écoute je ne comprenais pas, voire avait l’impression d’une tromperie de pince-fesse avec mousseux plutôt que champagne parce que vous savez l’intégralité des fonds sera reversé à une œuvre caritative Max Haavelar pour la conservation des derniers Maya dans leur milieu naturel.

A la deuxième écoute (déjà, l’addiction) je senti cette impression qu’une porte (d’or) s’ouvrait devant moi. NEw perception. Sorte de Velvet des années samplers/platines.

Aujourd’hui j’aurais du mal à ne pas faire du prosélytisme. Carrément. Go Koudlam, go.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 4 août 2008 à 9:34

“What happens when an allusion goes unrecognized ? A closer look at ‘The Waste Land’ may help make this point. The body of Eliot’s poem is a vertiginous melange of quotations, allusions, and “original” writings. When Eliot alludes to Edmund Spencer’s “Prothalamion” with the line “Sweet Thames, run softly, till I end my song,” what of readers to whom the poem, never one of Spenser’s most popular, is unfamiliar ? (Indeed, the Spenser is now known largely because of Eliot’s use of it.) Two responses are possible : grant the line to Eliot, or, later discover the source and understand the line as plagiarism. Eliot evidenced no small anxiety about these matters ; the notes he so carefully added to ‘The Waste Land’ can be read as a symptom of modernism’s contamination anxiety.”*
“Taken from this angls, what exactly is postmodernism, except modernism without anxiety ?”**

Il est salement surproduit le dernier Clipse, vous trouvez pas ?

Thompson et le gonzo journalism sont pas censés rentrer dans la case/notion de postmodernité ?

Super cet EP en tout cas. La vidéo de l’avant-dernière Super de même !

* : Kevin J.H. Dettmar, “The Illusion of Modernist Allusion and the Politics of Postmodern Plagiarism”
** : Jonathan Lethem, “The Ecstasy of Influence”

Commentaire par Jüül, le Lundi 4 août 2008 à 16:56

See you all me file la chair de poule.

Commentaire par Grégoire, le Lundi 4 août 2008 à 21:08

moi j’en peux plus!! J’adooore!!

Commentaire par vanessa, le Lundi 4 août 2008 à 19:09

enfin un article à la hauteur de ce que je ressens!!!!

Commentaire par Alex, le Lundi 4 août 2008 à 19:11

(on est toujours le 4 aout..???)

Commentaire par Alex, le Lundi 4 août 2008 à 19:12

oui, le temps n’a plus de prise sur nous.

Commentaire par BSTR, le Lundi 4 août 2008 à 21:49

[...] sept soirées mémorables dont une dernière sold out qui fera date, en compagnie de Juan Trip et Koudlam. Deux visions modernes de l’héroïsme dont la France tait le nom, par souci de l’occultisme, [...]

Commentaire par Gonzaï » Blog Archive » GONZAI N°100 ::: More is not enough, le Lundi 4 août 2008 à 8:41

Epoustouflant!

Commentaire par rog, le Lundi 4 août 2008 à 4:10

Moi je pleure à chaude larme à chaque morceau!!

Commentaire par Chaude Larme, le Lundi 4 août 2008 à 17:50

[...] Goinzaï: live at Teotihuacan, Goodbye [...]

Commentaire par Koudlam, « Goodbye » | Substance M., le Lundi 4 août 2008 à 16:29

[...] checker sa géolocalisation pour constater que le monde a radicalement changé depuis la sortie du Live at teotihuacan en 2007 : crise des marchés boursiers, fonte des glaces, même plus assez de caviar pour les [...]

Commentaire par KOUDLAM ::: Alcoholic’s Hymn | Gonzai, le Lundi 4 août 2008 à 9:26

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