Un peu de musique pour nos oreilles attentives
J’accroche ma ceinture, j’écrase ma cigarette et je mets le starter. Dans ma Deluxomobile, j’enfourne le premier single, Forever d’un groupe très prometteur. The Explorers club est un combo américain, qui me rappelle les Beach Boys circa Friends. Je sais ce n’est pas très original de s’inspirer des Beach Boys, mais le résultat est très beau. Alors je m’en fiche, je préfère largement ça à tous ces groupes néo 80’s qui me pompent l’air en se prenant pour Gang of four et Wire ou à pas mal de groupes teenagers d’ici qui plagient Téléphone. Je verse ma petite larme pendant que s’égrainent les derniers accords de ce groupe de Charleston en Caroline du Sud. Désormais ils sont à mon panthéon juste à côté des High Llamas, des Pearlfishers, Universe Society, The Now people et quelques autres qui perpétuent les bonnes vibrations suave et sophistiquées de la sunshine pop.
Matias Téllez est un ami que je ne connais pas, mais sa musique pop aux accents de Syd Barrett avec des pépites de groove tropicalistes me rend joyeux. Faites un tour sur Itunes ou je ne sais où et soutenez ces jeunes artistes plutôt que d’attendre qu’une quelconque Bible hebdomadaire en kiosque ne vous enjoigne de le faire. Matias Téllez est un jeune Chilien exilé en Norvège, le pays au cinéma le plus ennuyeux au monde. En tout cas, les balades de Matias sont magnifiques, ce que je préfère c’est son If you know what i mean et sa ritournelle qui donne envie de monter une banda avec une veille caisse en bois. Hop on se croirait en plein délire psychodélico pop sud-américain. Heu, Jodo’ (Jodorowsky, NDLR) tu es gentil, mais non je ne veux pas que tu m’expliques pourquoi mon nez est le centre de l’univers cosmique, tu as tourné des films brillants mais parfois tu gonfles, tu sais.
http://www.myspace.com/matiasetellez
Dans mon automobile, je traverse la merveilleuse campagne normande et j’ai soudain envie de m’arrêter manger des spaghettis dans une gargote plus ou moins italienne. Au serveur qui écoutait Skyrock à donf’ de sa race, ta mère, je propose de ma plus douce voix qu’il me passe le cd de Lucio Battisti, un songwriter italien qui a enregistré des disques magnifiques au début des années septantes. Accompagné à l’époque par le groupe PFM avec Amore e non amore, Battisti se laisse glisser et explose au gré de chansons fleuves, où il alterne folies électriques et plages plus apaisées. Lucio Battisti… C’est un peu le mélange de Lennon et Léo Férré version transalpine. Le serveur, n’en revient pas… Davanti Ad Un Distributore Automatico Di Fiori Dell’Aereoporto Di Bruxelles Anch’io Chiuso In Una Bolla Di Vetro, ça c’est du titre de chanson (un instrumental en réalité). Les spécialistes estiment que cet l’album est du niveau des grands disques sortis cette année là, Sticky Fingers, Zeppelin IV, ils ont raison les spécialistes.
Lucio Battisti // Amore e non amore // Water, Runt
www.runtdistribution.com
Fini de rigoler, je sors du restau italien et je me prépare déjà mentalement pour une grande soirée au château, dans le genre orgie à la Eyes wide shut avec masques vénitiens en plastiques offert par Festifête. Ce soir c’est hommage au transexuel le plus connu de l’underground, le pandrogyne comme il aime à se définir, Genesis Breyer P-Orridge. PART TWO The Endless Not est le nom du nouvel album de Throbbing Gristle, leur premier album-studio depuis 25 ans. Un opus du niveau de la réputation des inventeurs de la musique industrielle. Toujours aussi étonnant. Dans la même famille le nouvel album de Psychic TV/PT3 : Hell is invisible…heaven is her/e est surprenant, puisqu’il est presque funky et traversé de fulgurances garage, de claviers bien tempérés et de ballades mélancoliques d’avant l’apocalypse de Saint-Jean. Que les amateurs d’artistes azimutés ne s’inquiètent pas, les vibrations sont toujours aussi étranges. L’univers de Genenis P-Orridge n’engendre pas l’ennui ; c’est ce qu’in fine l’on demande à un artiste, non ? Qu’il active nos neurones.
Throbbing Gristle // Part Two the endless not // Mute, EMI
Psychic TV/PTV3 // Hell is invisible…heaven is her/e //Cargo records, Differ-ant
Jean-Pierre Turmel, activiste notoire de Sordide Sentimental a lui aussi réveillé depuis plusieurs décennies les cerveaux fatigués. Il continue avec l’édition d’un DVD, double programme où l’on retrouve Breyer P-Orridge cette fois avec Thee Majesty « Live à la fondation Cartier en 2004 » et un film du cinéaste de l’impossible, Jean-Pierre Bouyxou, et de son film hommage à Pierre Molinier (Artiste culte et fétichiste). Hypnotique et fascinant comme tout ce qui touche à la famille Psychic TV.
The Majesty // Live à la fondation Cartier Live à la fondation Cartier
Hommage à Pierre Molinier // Satan bouche un coin (1967) // Jean-Pierre Bouyxou
Pour finir sur une note plus joyeuse avant d’entrer au Relais et châteaux des grands malades, j’écoute à fond dans ma corvette (je laisse le tuning aux habitants du Havre, la ville des vrais rockeurs rebelles) deux albums. En premier la bande son du dernier Tarantino , Death Proof, qui explose de musiques rares et de bon goût. Jugez par vous-même. Qui d’autre à part Tarantino pouvait relancer Jack Nitzsche période surf et Hot Rod à la Ed Daddy Roth et offrir sur une grande échelle le magnifique Chick Habit d’April March. April dont j’implore le commun des mortels de se procurer les deux albums enregistrés avec Il Maestro Bertrand Burgalat, Chrominance decoder et Triggers. Petite digression, vivement juin et la sortie du nouvel opus solo (avec featuring de Robert Wyatt) de Bertrand Burgalat. Ma pupuce tu as intérêt à l’acheter sinon le père fouettard viendra t’obliger à écouter l’intégrale de Cali en boucle.
Quentin Tarentino //Death Proof // A band Apart/Maverick/Warner Bros
À ce propos j’ajoute pour un peu d’auto-promo un peu nouveau riche sarkozyenne (On est obligé, si on veut continuer à gagner sa vie) que mon nom est au générique et sur le livret de la B.O de Death Proof, ce qui me remplit d’allégresse et de fierté non feinte. En second et pour finir, j’écouterais The Wind in the willow et leur album éponyme. Un groupe de hippies propres de New York tendance « manège enchanté, youpi, je vais cueillir des coquelicots ». The Wind in the willow est un groupe folk-pop et psychédélique qui exhale l’innocence et la jolie frimousse de Deborah Harry alors brunette. Une jeune « nice, middle-class American girl » qui au sommet de sa carrière disait pis que pendre de son ancien groupe. A l’écoute de The wind in the willow, on se dit que son jugement était bien trop tranché. Moi j’aime bien les hippies urbains qui parlent aux arbres de Central park.
The Wind in the willow // S/T // Fallout records
www.soundlinkmusic.com
Il est temps, je gare mon bolide dans la cour du château. Le maire et quelques huiles sont déjà là, ainsi que quelques grands noms du management musical, « salut Pascal !! ». Je vous laisse avec toutes ces pistes, jusqu’à la prochaine fois. Je le savais, la nouvelle ère présidentielle sera glam (les talonnettes), décadente (Yatch, Fouquet’s…) avec un parfum de mafia hongroise qui devrait plaire aux esthètes.
2 commentaires
Je précise que le 4 titres de Matias Tellez est à 4.OO€ sur itounes.




PLAY BLESSURES
[...] C’est notre archiviste fou qui le dit, cette semaine, dans sa chronique folle. [...]