Imaginez une vieille newyorkaise de cinquante ans en train de chercher à vous enfiler un candélabre dans le derrière. Vous, à moitié nu, enfermé dans une pièce vide. Blanche. Hôpital psychiatrique de quatrième zone.
Downtown in New-York. Vous et la vieille hystérique. Dans un HP, lumière blanche sur le candélabre reluisant qui lorgne votre corps apeuré.
Transport des corps. Changement de lieu. Vous êtes maintenant dans un club de jazz, au Blue Note, 131 W. 3rd St. La vieille hirsute est encore là, sur scène, brandissant le candélabre qu’elle voulait voila deux heures vous planter comme une banderille. Vous êtes assis, las, contemplatif, l’œil à demi-clos. Chialant dans votre bière comme lorsque vous aviez écouté How do you think it feels du beau Lou. Frisson qui parcourt la bière et remonte l’échine jusqu’au cortex. La vieille assure derrière son pianiste, le temps s’est figé et tu attends ton taxi pour rentrer via l’highway dans ta maison achetée à crédit. Vu le contexte, pas de chance j’ai envie de dire.
NEW-YORK, CABARET, PIANO. L’espoir.
L’Amérique profonde se réveille et cette vieille folle a oublié de prendre ses somnifères. Little Annie qu’elle s’appelle mon beau, paraitrait même qu’elle aurait un parcours derrière elle, des histoires de galeristes arty des souterrains de New-York, des comptes de transformistes écoutant Kurt Weill à 145dB sur le poste grésillant de la radio.
When good things to bad pianos est un album de la nuit. Un vautour lacérant la chair qui attend le sommeil. La riposte féminine à Lou qui n’écrit plus. Pas . Peu. Les riffs métalliques sont ici martelés sur un piano bastringue et les compositions sont des reprises (It was a very good year de Sinatra, totalement flippante… je repense au candélabre) de grands standards.
2008. L’Amérique cherche son patron, les medium class ne peuvent plus consommer et Little Annie rayonne du plus haut des buildings newyorkais avec un album illuminant le continent d’un talent dont tout le monde se foutra encore et encore jusqu’à ce que la vieille crève et que sortent des bio wikipédia et des articles dithyrambiques sur ce talent oublié.
Amoureux, hédonistes, cartésiens… N’écoutez pas cet album. Noir comme l’ébène. Noir comme ces reprises (All I want for Christmas) qui fige le temps et donne à l’éternité toute sa saveur.
Little Annie // When good things happen to bad pianos // Southern (Differ-ant)
http://www.myspace.com/littleannieakaannieanxietybandez




PLAY BLESSURES
Papa, je comprends paaaas.
Je pensais que les “streets” étaient les horizontales, West ou East, et que les verticales de 1 à 10 étaient les Avenues.
Tu serais pas en train d’essayer de me mettre une bouteille de lait dans le cul ?