De la même manière que je n’ai pu m’empêcher d’esquisser un sourire en rallumant une cigarette après six jours d’arrêt, je ne me suis jamais senti coupable d’avoir trouvé un ou deux moments de bravoure chez les Strokes de First Impressions On Earth. Il n’empêche que depuis, rocker 00s, tu as eu raison de te cacher dans ton sweat à capuche, même si tu aurais pu aussi mettre ton cuir par-dessus la tête pour ne pas te griller en train d’écouter Justice.
Je n’ai jamais vraiment compris la notion de side-project, surtout quand ce qui devrait être le main-project est déjà mort, ou alors fort compromis. A moins de croire encore à l’histoire sans fin, selon l’expression à la mode, d’une énième relance fictive du rock. Parler de side-project ici, ça voudrait donc dire que quelqu’un attend le quatrième album des Strokes. Qu’ils se manifestent. 2001 est déjà bien loin, et désormais l’avenir du rock du nouveau millénaire semble appartenir à ceux qui se reposent.
LITTLE JOY Comme Fabrizio Moretti, qui au lieu de nous servir de la soupe en promo par paquet de deux comme son acolyte Albert Hammond Jr. (Yours to keep, ouch ! ¿Cómo Te Llama?, re-ouch !) s’est décidé à se faire plaisir. Un disque mené par le batteur d’un groupe connu, ça vous dit quelque chose? Charlie Watts, Peter Criss, Topper Headon, Roger Taylor, Taylor Hawkins, Adam Ficek, les vieux, les jeunes, non merci, vous auriez mieux fait de vous contenter de battre la mesure et de garder ça pour vous.
Aux dernières nouvelles, il joue de la musique avec son amie Binki Shapiro et doit bien s’en battre de l’autre. Mais tu as raison sur un point, c’est pas pareil effectivement. Parce qu’à défaut de prétendre changer ta vie, résoudre la crise, Little Joy a sorti un disque honnête et distrayant sans tomber dans le pastiche, le ridicule. Comme Devendra Banhart et Megapuss (auquel collabore aussi Moretti et Amarante) avec Surfing.
Alors pourquoi de ce fait ne pas abaisser vos défenses, mettre les pieds sous (ou sur, c’est selon) la table et écouter Little Joy, au lieu de vous demander si votre chemise vous boudine, si vous plaisez à votre voisine ou si finalement, la bibliothèque IKEA n’aurait pas surchargé l’espace. Little Joy, c’est la sensation qu’une brise chaude vous caresse l’entrejambe, de l’exotisme cheap et des mélodies faciles à siffloter sous la douche.
Une voix en retrait soutenue par 3 accords de guitare hésitants entre bossa, soul et lovers rock.
Et mis à part le strokisant Keep Me In Mind, j’en viens à me demander si toute cette douceur ne serait pas plus belle que n’importe quel rêve foireux du rock érigé en mode de vie, quand il pleut, que vous n’allez pas arrêter de glisser sur les pavés, que les baskets en toile en ce moment, c’est pas ça, et que finalement, vous plaisez quand même à votre voisine.
Autrement dit, le plaisir même éphémère, la sincérité qui vise juste plutôt que la redite encadrée par les carcans ridés de la musique électrique.
Little Joy // Little Joy // Rough Trade
http://www.myspace.com/littlejoymusic
11 commentaires
On ne touche pas à Albert. Son premier album est magique, du songwritting de génie. Sinon plutôt d’accord.
Si, on touche à Albert. Son dernier album est une bouse.
on touche pas à albert ses albums sont très bien! et little joy aussi, moins megapuss
Albert… comment dire… C’est un peu comme ces bêtes de foire de Cat Empire… Alternativ rock ou quoi, aucun parti pris à part celui de montrer qu’il kiffe la musique reggae, lou reed & My bloody Valentine, pas trop de logique et une prod’ intriguante à la première écoute - car faussement léchée- mais teeeeeellement ennuyant à la fin… Le premier album c’est de la ballade pour ado en manque et désireu de se faire mal… le tout c’est un mec qui en a marre de baiser et qui aimerait tomber amoureux. On ne PEUT pas dire que c’est bien.
c’est toi la megapuss
j’aime beaucoup l’album de little joy : est ce que tout le monde doit faire un chef d’oeuvre à chaque fois qu’il entre en studio ? moretti et sa copine s’en foutent et c’est ça qui est bien. Pareil pour megapuss.
je pense pas qu’albert en a marre de baiser vu sa nana. c’est plutôt toi charles
Aïe… Quand on heurte un fan…
Plutot que Megapuss, je prendrais Megafaun pour me faire plaisir
megafoun?
écoute nickel eye ça déboite, c’est pour janvier




PLAY BLESSURES
Quand on connait l’histoire de Rough Trade, cela fait un peu bizarre (voire pleurer) d’entendre qu’ils sortent “ça” désormais.
Non ?