Il y en aura toujours pour blâmer un album à ce stade de la hype. La perche est trop voyante, de trop loin, par trop de monde. Le voyage de Devendra Banhart est connu, la Beat Generation l’a déjà écrit : les folk-songs pluvieuses de la côte Est, le rock boisé du Midwest, maintenant la Californie. Ce serait mentir que d’affirmer que ces morceaux ont de la consistance. Ne vous fatiguez pas à chercher la rondeur du Band, l’émotion de Joan Baez. Cet album ne mérite pas d’argumentaire. Je ne sais même pas s’il gagnerait à être défendu. Des morceaux sans la moindre structure, sans la moindre absence de structure digne d’intérêt.
Oui, mais.
La tête qui titube tranquillement, les paupières qui amorcent leur chute avec pondération. La cigarette qui vacille entre les lèvres. Et puis la fumée qui s’envole avec une régularité impeccable. Un groove vaporeux. Pardon, un Groove Vaporeux. C’est la Californie que Devendra Banhart raconte à ma tête : le soleil de la côte Ouest ne pourra jamais percer à jour cette brume. La guitare ne pourra jamais dépasser la basse, la voix, la batterie, la mélodie, le rythme. Ces quatorze morceaux sont d’une homogénéité impeccable. Essayez seulement de briser des volutes d’encens. Essayez seulement de détester les mièvreries de « Surfing ». Navré, c’est audible.
Les maracas rattrappent le piano, et les choeurs vibrent quelque part entre Johnny Cash et Janis Joplin. Le folk, avec tout ce qu’il peut comporter d’aseptisé, de réactionnaire, assène avec Magapuss le plus joli coup de pied inutile jamais porté à notre termitière méritocrate. Le folk devient le rock en position assise. Il est quelque part entre la Lo-Fi et le psyché. Entre le Nevada et le Pacifique. Entre l’hypnose et la route. Le folk, musique du consensus, du rassemblement des peuples, de l’amour du prochain… est devenu grâce à Megapuss quelque chose de clivant. Et d’enivrant, au sens cannabique du terme.
La Californie est une terre brumeuse et derrière ces nuages moites se cache quelque chose de remarquable. Se cachent trois chevelus qui, à leur façon, ont écrit l’album qui fait du bien. L’album qui comprend l’engourdissement de l’hiver, qui fait croire au soleil qui approche, qui continue à nous faire croire à la facilité. Sans trop nous mentir.
http://www.myspace.com/megapuss
6 commentaires
Je vois que gonzai aime bien les musiques formatée, dommage il ya des choses interessantes sur cet a
?
j’aime bien la pochette de megapuss, si j’étais attiré par les hommes ça m’exciterai, contrairement à leur musique qui est plutôt chiante
C’est vrai que j’ai oublié de le mentionner, la pochette est pas mal…
ENORME, tout simplement…




PLAY BLESSURES
Le solo détourné de Parisian Walkways, ça c’est un coup de maître. Les Nuls n’auraient pas fait mieux…