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MILITANTISME De la passion politique?

A la sortie de l'amphithéâtre, impossible d'y échapper : quasiment chaque jour un tractage. Jeunes hommes rarement chics, souvent engagés. Lunettes vissées sur le nez, certains essayent d'empêcher ma (...) suite

A la sortie de l’amphithéâtre, impossible d’y échapper : quasiment chaque jour un tractage. Jeunes hommes rarement chics, souvent engagés.

Lunettes vissées sur le nez, certains essayent d’empêcher ma fuite me plaquant sur le ventre une feuille grossièrement découpée. Comme les 4/5èmes des étudiants, j’écarte sans plus y prêter attention ce bras tendu, dernière barrière avant la fin des cours. Pull noué autour du cou, pantalon en velours un peu trop court et chemise repassée par maman. Bien sûr, le peigne n’est jamais loin : raie sur le côté oblige. Ce spécimen est plus couramment appelé, le militant UNI.

etudiantÉvidemment, comme pour les toxicos, il y en a pour tous les goûts. Pilule bleue pour ceux qui veulent se faire peur (je suis de droite et personne ne m’aime). Pilule rose pour ceux qui veulent jouer aux grands justiciers. Le militant UNEF, lui, tend une belle feuille plastifiée. Inutile de dire que les 20€ de frais d’inscriptions y sont pour quelque chose. Avec un large sourire de jeune homme dynamique prêt à entrer dans le monde de l’entreprise, il assène des critiques sur la société capitaliste. Peut-être que si vous lui paraissez sympathique, il vous invitera à en parler plus longuement au café de Flore. Pas de surprise s’il vous envoie ensuite une invitation sur facebook à faire partie d’un groupe contre Edvige.

Ah j’entends déjà de loin les ricanements. Moi aussi, j’aurais bien aimé y croire. Que tout cela soit des stéréotypes. Pourtant, même à une vingtaine de mètres impossible de se tromper sur l’identité du militant en question.

Après tout, ce n’est pas plus choquant que de constater une différence entre un fan des BB Brunes ou du Brian Jonestown Massacre.

La passion politique ? Même chez ces militants, j’ai du mal à y croire. Un peu comme un mec inconnu 5 minutes plus tôt qui offrirait une bière sans attendre une compensation d’une façon ou d’une autre. Ambition, carrière et réseau, voilà la litanie qu’ils doivent se répéter chaque soir dans leur chambre sombre après Sans Aucun Doute.

Bien sûr, je ne suis pas cynique au point de ne pas avoir conscience que certains y viennent vraiment par passion, mais impossible de survivre avec naïveté dans cet univers. Soit ils acceptent les rouages du métier, soit ils tombent. Après tout, c’est peu étonnant que, dans un grand parti, des militants de base en soient arrivés au point de ne pas envoyer des invitations à des réunions de quartier à des concurrents possibles.

« Bonjour, grâce à l’UN*** …. » Je prends le tract. « Merci, j’avais plus de papier toilettes ».

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