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ON THE ROAD Jack Kerouac

Toutes les semaines, Von Strychnine s'attaque à un monolithe.Qui est le plus fort, la pierre ou la plume? Ecrit en 3 semaines dans un grenier sur un rouleau (...) suite

Toutes les semaines, Von Strychnine s’attaque à un monolithe.Qui est le plus fort, la pierre ou la plume?

Ecrit en 3 semaines dans un grenier sur un rouleau de papier de 36 mètres de long par un Jack Kerouac défoncé au speed, Sur la route est le grand roman américain initiatique du 20 siècle. Kerouac y appréhende la prosodie comme un ultime solo de hard bop…

On retrouve dans ce livre quasiment tous les protagonistes de la beat generation : Burroughs, Ginsberg, Cassady, ce qui en fait une sorte de bible beat. Hunter S. Thompson verra dans cette œuvre un nouveau mode d’écriture, voire une sorte de journalisme gonzo avant la lettre. Et c’est effectivement ce qu’est ce livre : un reportage…

Un reportage, sur une génération aussi bien beat que perdue.

Sur la route ? Un livre profondément homosexuel (sic), une ode de Kerouac à Neal Cassady (qui dans le livre porte le nom de Dean Moriarty) figure légendaire du mouvement beat. Cet homme conduit des voitures comme on monte un cheval sauvage roulant vers la mort avec une gaité indéfinissable, sous speed 24 sur 24. Neal est l’un des premiers héros bisexuels, adulé aussi bien par les femmes qui pullulent dans ce livre que par des hommes tels qu’Allen Ginsberg et William Burroughs. Neal Cassady joue, dans la création de ce livre, un rôle au moins aussi important que son auteur : il y est à la fois personnage central, muse, modèle de conduite et double de Jack…

Sur la route est un long poème en prose ayant pour sujet l’Amérique. Mais pas celle que l’on voit dans les films. Non. La vraie, celle qui ressemble plus à une vieille pute après une nuit de tapin qu’a Marilyn retenant sa jupe…

Poésie des drive-in la nuit dans le Michigan, poésie des petit boulots payés que dalle, poésie de biture bon marché, poésie de la benzédrine, poésie de l’amour viril entre deux hommes, poésie des voyages en voiture au son du jazz qui dégouline des enceintes, poésie des putes mexicaines, poésie de nuit passée à la belle étoile en rêvant de Burroughs qui crèvent la dalle a Tanger.

L’Amérique way of life n’a qu’à aller se faire foutre…

C’est en se voyant érigé en prophète par toute une génération, par une presse unanime, et en contemplant  la jeunesse 60’s prendre sur la route sous l’influence de son livre que Kerouac tombe dans une profonde dépression et un alcoolisme bukowskien. Il retourne vivre chez sa mère et se tourne vers un catholicisme puritain, tel un libertin désabusé. Il a tout possédé, il peut tout mépriser. Las, à bout de souffle, Jack trouve la mort à l’aube des 70’s.

Hit the road jack…

6 commentaires

excellent, comme tous les articles de strychnine !

Commentaire par facultatif, le Lundi 11 juin 2007 à 19:20

Ironique le facultatif? Ou réelle sensation de bien-être?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 11 juin 2007 à 0:27

non facultatif est mon nom de scène, un nom d’artise comme vous mr Langs je suppose !!!! treve de plaisanterie je trouve les articles de strychnine tres intéressants.

Commentaire par Anonyme, le Lundi 11 juin 2007 à 15:29

Le meilleur enculé de charles, le meilleur. Kerouac aura raté une seule chose avant de crever au trés bon moment…

Le 22 Juin.

Commentaire par lee anderson, le Lundi 11 juin 2007 à 15:02

Charles Buck’ est pas dégueu non plus dans la catégorie non?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 11 juin 2007 à 2:02

Juste, sans vouloir raconter ma vie.
Voila quelques fois que je passe. Une des premières c’était Postman de Buk. Là, maintenant, c’est Kerouac.

Permettez-moi la question : Où est John Fante ? Où se trouve cette crevure de fils d’immigré rital, caché derrière son pseudonyme ridicule ? Où se trouve Arturo Bandini, le très pathétique et digne scribouillard d’infortune qui, le premier, transcrivit la merde américaine non pas seulement dans le fond mais aussi dans la forme ?

Parce qu’une prose de merde de dix pages est toujours capable de nous balancer une mémorable baffe de poésie à la onzième.

Commentaire par lrz, le Lundi 11 juin 2007 à 23:38

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