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PATTI SMITH Dream of life

Aucune icône accrochée sur mes murs. Sortir d’ici vivant ? Un jeu d’enfant. Jimi l’avait bien cherché et Syd, je ne vous en parle même pas… Rien qu’un DVD (...) suite

Aucune icône accrochée sur mes murs. Sortir d’ici vivant ? Un jeu d’enfant. Jimi l’avait bien cherché et Syd, je ne vous en parle même pas… Rien qu’un DVD sur mon bureau. Sur la pochette, Patti Smith. Elle y est presque belle : quelque chose ne tourne pas rond. Aucune icône, aucun passe droit ; être rock, ou pas.

patti-smith-dream-of-life-press-bookSmells like teen spirit… C’est comme ça qu’elle m’a eu. Dans sa reprise, il se passe des tas de choses : le morceau devient vieux et pour autant, il ne bouge pas, le soulèvement reste intact, ces violons, ce banjo, cette contrebasse et puis la litanie finale, là où Cobain n’a jamais mis autant de mots les uns après les autres : un vrai pur moment de rock’n roll ; une poésie qui te fouette, tes mains qui deviennent moites, ces mots que tu cherches tandis que ta boîte à vocabulaire encaisse les coups et ça finit sur le banjo, ces quatre notes de contrebasse ; oubliez les explications, oubliez votre culture, tout ça n’a rien à faire là. Cobain. Smith. Aucun poster sur mes murs, des disques plein la maison, le logiciel Nirvana installé sur mon disque dur depuis 17 ans, Smith au CBGB buvant des coups avec Lester Bangs (parole de Bester), des rêves de poésie et de garage rock plein sa tête de jeune américaine. Cobain voulait vieillir comme Neil Young, raté. Smith est toujours vivante. Active. Mais encore une fois, aucun passe droit , être rock, ou pas.

Il y a un an, je suis allé la voir jouer Twelve, attendant comme un idiot de trentenaire à tendance groupie qu’elle me la joue, pour de vraie. Dans un palais des congrès, vous vous imaginez ça ? Des fauteuils oranges où s’endormir le doigt dans le nez semble être la seule alternative possible : en deux minutes, c’était oublié ; mes doigts s’enfonçaient dans les accoudoirs, mes yeux sont restés GRAND ouverts, là au milieu de tous ces quinquas’ qui venaient se payer une tranche de leur jeunesse perdue - au moins Cobain ne me la fera jamais celle-là, depuis les années 90, la nostalgie se flingue au fusil- et Smells like teen spirit ne fut qu’un éclair parmi tant d’autres. Je ne sais pas si Patti Smith est une grande artiste, si sa poésie tient la route, je ne pense pas que ce nom sur une cover suffise à en faire quelque chose de bien. Mais ce concert, ça c’était énorme. A 60 balais passés, qui en est encore capable ? Le premier qui me répond Iggy Pop sera condamné à écouter son prochain concert la tête DANS les enceintes ; un sourd de plus, ça ne changera pas grand-chose. Merde alors !

Jouer trop fort, à 20 ans, c’est une évidence. A 60, c’est parce qu’on a plus rien à dire.

Patti Smith, 1979Mais si je vous parle de tout ça, c’est qu’il y en a un qui est persuadé que Smith mérite d’entrer au panthéon du rock. De son vivant. Il a passé 11 ans de sa vie à la filmer, il s’appelle Steven Sebring, il est photographe de mode (ça se voit !) et le titre du DVD est Patti Smith Dream of Life. Où on apprend que Bob Dylan a accordé sa guitare en 75, qu’elle a toujours voulu vivre libre, que sa génération lui semblait en danger, qu’elle était folle de Burroughs, qu’elle a connu le CBGB des débuts, bref, qu’elle a été au cœur du truc qui était en train de se passer.

On la voit déposer des fleurs sur la tombe de William Blake, blaguer avec Flea sur une plage, jouer de la guitare, parler de sa robe de petite fille avec un sourire intact et ça n’est pas très intéressant. Seul reste ce sourire. On fait la connaissance de ses parents, des Américains moyens. De son chien, Un chien moyen. Qui bave pas mal. On la voit en coulisse avec son vieux pote Leny Kaye, qui est, je vous prie de me croire, un putain de guitariste rock ; un de ceux qui a su traverser les années. Le noir et blanc arty alterne avec la couleur, les images d’archives avec celle de l’auteur, le montage n’est pas folichon et si c’est une tranche de vie, 10 ans de pellicule auraient pu donner quelque chose de beaucoup mieux. Mais ça c’est la faute de Sebring, pas de Smith…

Les meilleurs passages ? les concerts. Ce qui te remue ?  Sa manière de chanter. Pas tellement les mots. Mais la façon dont elle les scande, mélange de conviction rock et de foi en quelque chose qui peut encore arriver. Et finir là-dessus, c’est plutôt bien.

Steven Sebring / / Patti Smith  Dream of Life / / Medici Arts / Harmonia Mundi

2 commentaires

bonjour,

Je suis l’attachée de presse de Medici et je viens de lire votre texte sur le film Dream of Life. Je vous propose de vous envoyer le visuel du dvd si vous le souhaitez.

Bonne journée

Fatiha

Commentaire par chakouki, le Lundi 1 décembre 2008 à 10:35

Salut Vernon, j’ai apssé un chouette moment à lire ton texte !

Commentaire par sylvain fesson, le Lundi 1 décembre 2008 à 14:31

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