Départ Gare du Nord, arrivée Waterloo, première déconvenue sur le price des paquets de Marlboro, direction le subway, les dreams anglo-saxons qui s’effritent, direction Carnaby Street, rue déserte, plus nothing, pas une boutique indie, only global markets, alors on prends un cab’ pour diner à 22.00, tous les restaurants déjà closed, alors on go to bed, quoi, le métro est déjà fermé ?!
La vie anglaise, à bien des égards, est sujette de l’autre côté de la manche (autant dire chez nous), à des fantasmes bien mal mesurés. Des relents d’iconographie rock 60’ et de décadences exacerbées. L’ailleurs est mieux que l’ici, c’est bien connu. Et c’est exactement ce mythe que Steve Lowe et Alan McArthur démonte tout au long des 320 pages qui constituent ce brûlot anti-rêve écrit par deux anars anticonstitutionnels qui disons le franchement n’y vont pas de main morte. Abécédaire de la connerie mythifiée par le temps qui passe et les clichés un peu flous.
Se mêlent mauvaise foi avant-gardiste (Le Hand-ball, «un sport de mecs qui se font des passes à 75cm de distance») et authentiques vérités inavouées (Les centres commerciaux anglais, Sofia Coppola, les KFC, le sex-appeal de Gordon Brown, le prix exorbitant des toasts made in UK…) parfaitement traduites en français dans le plus pur style Bukowskien. La vie merdique en Grande-Bretagne, c’est dorénavant possible, et c’est surtout un grand moment de dérision hilarant ponctué de grands fous rires silencieux, seul à tourner les pages d’un livre qui se lit chapitre par chapitre, comme autant d’idées préconçues sur nos voisins.
Extrait : La définition des emails de frime ? Personnes qui se plaignent de tous les mails qu’elles reçoivent, en particulier quand elles reviennent de vacances. «Je n’ai toujours pas fini de les lire ! ». Bien joué. Vous êtes vraiment quelqu’un de putain d’important.
L’avantage d’un tel livre, c’est qu’il est parfaitement transposable en France, même sujets, mêmes problèmes (Les crèmes anti-poids, Alicia Keys, le commerce équitable, Kate Moss et ses roucoulades en intraveineuse, etc..), le tout écrit sous une plume résolument gonzo qui tire à bout portant sur tout ce qui bouge. Ou ne bouge pas d’ailleurs.
L’avantage de la globalisation du monde ? L’universalisation des cultures rend le prochain nettement plus compréhensible. A conseiller à tout ceux qui souhaiterait voir Keane empalé sur un pilori.
Steve Lowe et Alan McArthur // Petite encyclopédie merdique de la vie en Grande-Bretagne // Scali




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