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PHOSPHO Gang Of Niort

Sickboy avait raison. On l'a, et avec le temps on le perdra, ou alors on ne l'a jamais eu. C'est quand même fou que ce type, sorti de (...) suite

Sickboy avait raison. On l’a, et avec le temps on le perdra, ou alors on ne l’a jamais eu. C’est quand même fou que ce type, sorti de l’esprit explosé à la bombe “H” de Irvine Welsh, coincé entre le post punk et l’émergence de la culture house, ait pu avoir un tel flash de lucidité alors qu’il allait se cramer les yeux sous les premiers néons de ce que l’on allait appeler les eighties.

Et sous lesquels aujourd’hui réchauffe mon mojito à vitesse grand V.

PhosphoAu 102 bis. Équidistant des Buttes Chaumont et du Père Lachaise. Le point le plus diamétralement opposé d’Edinbourgh. Ou Cleveland. Quoiqu’une triangulation serait sûrement intéressante à tenter. C’est sûrement parce que l’endroit est une ancienne gare qu’on s’y sent si rapidement en Grande Bretagne. Ou alors c’est ce foutu mojito…
Arrivé trop tard pour les Marie Antoinettes, ou pour trouver une fille/un canapé de libre, je n’attendais rien de quoi que se soit et encore moins de ce type à la grâce d’un Frank Black monté sur scène affublé d’un t-shirt rose cochon et de lunettes de madame Claude. Je commençai à mâcher mes feuilles de menthe mal pilées quand Black Francine s’est mis à onduler entre lascivité putaine et extravagance disco.

Stupeur : moi aussi. Du bout du câble tourne le micro, comme un sac à main sur Barbès, pendant que des clones à lunettes de comptables crachent des statiques par leurs fender jaguars et des notes stridentes. Les éclairs électriques me mordent la gueule, la basse s’arrache des frettes à chaque remontée de manche, et le sacro-saint charleston - condition sinequanone pour jouer du rock dans la seconde moitié de cette décadente décennie - galope vers la gloire.

Merci mon dieu, Wire n’est pas né pour rien. Et Devo mort en vain. Pardon ? Ah si, ils sont morts…

Hi Hat here, Hi Hat there ! Tentation shoegazer dégueu à en redemander des pleines plâtrées. Gimmick volé au Lady de Mojo. Et Phospho gueule. Surtout son maracas. Dans son micro saturé, David prend soudain des airs de Jello Biafra du funk, guerrier disco postmoderne comme si les années plexi-glacées étaient encore là. Derrière, des notes déréglées clignotent au-dessus de Tokyo. Ça ne pouvait pas louper : j’ai perdu une partie de mon mojito sur la veste de mon voisin. Et ma raison dans un T-shirt rose.

Backstage on reprend en pleine face la réalité des années Champs-Elysées : le groupe vient de Niort, a passé la trentaine et fait pousser des enfants dans les Deux-Sèvres en suant sang et paillettes tous les samedis pour promouvoir un album que relègueront Magic et les Inrocks derrière le dernier Rapture et Franz Ferdinand. Les cons. Je maquille ma honte en dehors alcooliques pour ne pas pleurer devant ces braves rescapés des plus beaux espoirs de la new wave. La vraie, celle qu’on aurait pris comme un homme, si Debbie Harry n’était pas devenue une icône pop, si Siouxsie n’avait jamais eu à enregistrer Hong Kong Garden.

Et en attendant le bus, je repense à Sick Boy en me disant que Phospho l’a. Définitivement. Alors que Bloc Party toujours pas.

http://www.myspace.com/phospho

2 commentaires

Phospho sera vendredi soir (10 avril) à Rennes à l’Antipode (plus d’infos : http://www.radiocampusrennes.fr/page.php?id=antiplastic_2). Ils sont déjà passé la semaine dernière en showcase Fnac, c’était juste excellent, une bonne claque pop avec juste ce qui faut de bruitisme, de réminiscences new wave et d’ironie… sans doute une grande révélation pour l’année 2009.

Commentaire par vincent, le Lundi 27 octobre 2008 à 10:00

que dire de plus ! Parfait !
Amis Rennais, bougez vous vers les antipodes…

Commentaire par HP, le Lundi 27 octobre 2008 à 10:17

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