Aah! Le rock progressif, ou celui que l’on écoute pour se déculpabiliser d’aimer les Ramones ou d’écouter encore et toujours Between the buttons avec une increvable allégresse…
Que les choses soient claires, le prog rock, très peu pour moi. Et par la même occasion, tout ce qui s’apparente à de la masturbation intellectuelle. Cependant, à cheval entre cette acide fin des sixties où naquirent de nombreuses expérimentations psychédéliques et ce début des seventies qui n’avaient pas encore connu l’explosion glam, il y eut certaines perles, du moins certaines formations qui valaient et qui valent encore le détour, à savoir les premiers Pink Floyd, Gong, et leur disque avec Dashiell Hedayat et… Soft Machine.
Soft Machine, en soi, un classique du genre, un symbole prog, indétrônable, qu’un consensus intello s’accorde à apprécier dans ce que la formation a produit de plus ennuyeux, c’est-à-dire à partir de l’album Fourth, et encore…
Soft Machine trioMais parlons du Soft Machine des débuts. Ou de la rencontre atonale entre trois étudiants de Canterbury en voyage à Paris et un Daevid Allen débarqué d’Australie. Mike Ratledge, Kevin Ayers et Robert Wyatt font leurs armes depuis 1963 au sein des Wilde Flowers quand arrive cette fameuse rencontre hexagonale.
Et Daevid Allen a un sérieux background propice à monter une formation psychédélique de renom : le jeune homme fréquente William Burroughs.
Allen, Ayers, Ratledge et Wyatt repartent alors pour l’Angleterre en cette année 1966, et forment Soft Machine, qui est le titre d’un roman de Burroughs justement. Cette formation originelle du groupe est de loin la meilleure, car la plus spontanée, chargée de naïveté pop, d’efficacité adolescente et d’humour.
Oscillant entre jazz d’avant-garde et psychédélisme pop, Soft Machine est une entité typique de la seconde moitié des sixties, à la fois baroque et expérimentale.
Les premières productions du groupe furent donc quelque peu chaotiques, maladroites mais ô combien esthétiques de par la mélodie qui les habitait, car voilà ce qui importe avant tout, au-delà des genres, des registres, étiquettes (appelez cela comme vous voudrez) : la MÉLODIE ! LA CHANSON!
Tout est affaire d’efficacité dans la composition, d’accessibilité directe de l’œuvre vers le cœur de l’auditeur. En 1967, Wyatt et compagnie semblent avoir parfaitement compris la chose. Il suffit pour le comprendre d’écouter les enregistrements londoniens de cette même année compilés sur le disque Jet-Propelled Photograph, émouvants, entraînants, qui se fredonnent les beaux jours de printemps.
Mais surtout, et là cela relève de l’indispensable, il y a le premier single du groupe, Love makes sweet music, avec en face B, Feelin’ Reelin’ Squeelin’, produit par le grand et cosmique Kim Fowley, avec une participation à la guitare de Jimi Hendrix dans sa brillante période, celle qui allait donner Electric Ladyland.
Il est important d’insister sur ce point:
Love makes sweet music est le titre pop (presque) parfait, énergique et envoûtant.
Soft coverToujours en 1967, Daevid Allen quitte le groupe après que ce dernier se soit produit lors de happenings dans une pièce de Picasso à St-Tropez, problème de visa dira-t-on, Allen reste en France et forme Gong, au sein duquel il insuffle l’humour et la naïveté qu’il incarnait dans Soft Machine.
Si je poussais le vice de la mauvaise foi jusqu’au bout, je dirais que tout s’est arrêté là en ce qui concerne Soft Machine, mais cela voudrait dire omettre le premier album, d’où l’on peut encore extraire quelques pépites, comme Save Yourself, A certain kind ou Hope for hapiness. Wyatt y est impressionnant, non pas par ses rythmes binaires à la batterie, mais par sa voix, comme un chanteur soul qui s’excuse d’être blanc, des larmes dans la gorge, on devine son regard brillant à travers ses intonations fragiles. L’honnêteté qu’il jette dans l’œuvre est déconcertante.
Par la suite, en 1969, est sorti Volume two, le deuxième album, sans Kevin Ayers, remplacé par Hugh Hopper qui jouait déjà dans les Wild Flowers. Déjà, les choses se corsent, la Machine devient trop molle et s’enfonce dans les méandres de la froideur progressive, dans un jazz prétentieux. Ce sera d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Robert Wyatt va quitter le groupe en 1970, après l’album Third et son dernier coup de brio avec Soft Machine, Moon in June, et encore, il faut creuser pour y voir du génie…
Alors, cessez de vous mentir à vous-même, et soyons un instant honnêtes : qui a envie d’écouter des disques de jazz blanc qui ne swinguent même pas, joués par des habitants d’une île perdue entre le Mer du Nord et la Manche? A tout dire, aux machines trop molles, je préfère John Coltrane, au hasard.
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29 commentaires
Excellent article certaines vérités et la fraicheur d’un journaliste qui nous régale .
BRAVO louis louis
juste ce qu’il fallait, même si le Pink Floyd 73 lamine tout ça
j’ai eu du coup Love make sweet music tout la matinée dans ma tête
Bravo! Interressant du début à la fin et riche en informations qui me permettrons délargir mes obscures connaissances sur le rock.
Comment ça, “le Pink Floyd 73 lamine tout ça ?”
arghh… Mon coeur…
Petit con qui croit pouvoir dire du mal de Soft Machine.
Il me semble très ambitieux de vouloir présenter et juger a la fois les membres et la musique de Soft Machine. Mais laisse moi donc te rendre un service, et te parler d’un groupe que tu as pretentieusement voulu reduire a ta triste culture musicale de jeune provincial connecte en ADSL.
Si le terme de psychédélique peut s’adapter au premier album, assez mielleux au demeurant, de Soft Machine, celui de Jazz ne peut etre utilise pour qualifier la musique du groupe après le départ de Kevin Ayers. Robert Wyatt qui quittera le groupe après l’album Four (sur lequel il laissera en fait une plage “pingling bland” a son successeur Phil Howard. Bref tu confonds La chanson et un style de jeu développé sous l’influence du Jazz électrique de Miles Davis dont le bitches brew doit probablement te paraître d’un ennui mortel.
Voila, Tout cela pour te dire que ton avis sur la pop a minet et le jazz trop mou dont tu es un ignorant complet on s’en branle, chacun pourra juger par soi meme. je te conseille tout de même de jeter une oreille a Matching Mole.
Encore une fois
Il est en colère.
Je crois, oui.
Qu’importe, moi qui n’ai jamais écouté que les volumes I et II, je suis certain que le reste c’est du jazz moumou, voire du caca.
J’en suis sûr parce que je n’ai pas aimé l’allusion péjorative au jeune provincial connecté à l’ADSL.
le mec est parisien et SAIT quelle est la dernière chanson composée par Wyatt au sein de Soft Machine…
J’ai de quoi m’écraser.
Rien de pejoratif, Fait.
“consensus intello” de qui veux tu parler…
Gong et Dashiell Hedayat VS Pink Floyd
“Qu’importe, moi qui n’ai jamais écouté que les volumes I et II, je suis certain que le reste c’est du jazz moumou, voire du caca.”
Bon Adrien, tetais juste pas obligé de parler comme ça. Soft Machine, si exceptionnel que cela fut, ne mérite que tu t’offusques sur internet.
Et Miles Davis et son jazz électrique, je ne trouve pas ça ennuyeux.
Gong et Dashiell Hedayat VS Pink Floyd
oh bah faut pas déconner !
Putain mec,
je t’aime bien, t’as la foi et tu n’es pas une langue de bois.
Mais
- il y a un mais, un terrible mais -
juger Soft Machine sans l’aide de “Nettle Bed” ou de la cinquième minute d’”Out-Bloody-Rageous” : ça craint.
Mais je te comprends, il faut du temps pour apprécier pleinement l’art fantastique de la Machine.
Donc, acte.
Ecoute “Birdland” de Weather report.
“Wind Danse” de Chick Corea,
ça t’aidera.
Car tu es dur, trop dur, dans le mauvais sens du terme, en tentant un jugement sur le génie du plus grand groupe des années 70 qui éclate en quelques secondes les drôleries sympathiques de Dashiell ou Melmoth.
Mais bon…
SOFT
Marrant d’en être encore à ce genre de débat …et un oscar spécial de la déconne pour avoir mentionné Weather Report et Chick Corea : j’en ris encore !! Allez, qui veut nous pondre un article sur les “plans” de Jaco Pastorius (quel bonheur, ce vocabulaire périmé)ou les soli de Mike Ratledge (pas baillé autant depuis 75, moi …)?
Que dire de plus
AH si encore un parisien qui croit que lui SAIS et que les autres n’ont pas leur mot à dire.
Mais le Soft Machine fut effectivement important, mais je peux comprendre le desarroi de certain devant tant d’envoler lyriques musicales.
Il faut juste être patient et courtois
le sens de la formule messieurs ….
Bonjour chez vous
Ca se touche beaucoup sur ce site de ploucs… Encore une belle bande de bonobos qui cherchent dans les disques, dans l’affirmation de leur “gouts”, un moyen de mettre tout dans des petites cases pour se croire intelligent et different, et surtout, superieurs… Franchement vous valez pas mieux que les gamines qui ecoutent Tokio Hotel… La musique, les artistes, vous vous en branlez, c’est juste VOTRE EGO que vous masturbez… Allez tchao les puceaux ![]()
A part ça, Soft Machine est un bon groupe. Mais pourquoi ne pas faire du Mako moulage plutot que d’encombrer le net avec vos conneries de snobs ? En tout cas j’ai appris aujourd’hui qu’il y avait pire que les Inrocks… Bah, faut mieux en rire qu’en pleurer ![]()
Les régles pour écrire sur ce site (de merde):
- etre une face de rat qui vit encore dans le souvenir d’une mode sans grand interet (le punk)
- penser qu’etre “rebelle” c’est boire et baiser : ouah, putain, les gars, vous etes super dangereux et originaux !
- encenser les trucs inconnus, uniquement car ils sont inconnus, et que leurs auteurs boivent de la biere (whoua ! les rebelles !)
- defoncer tout ce qui comporte plus d’un accord et demi
- manier un language pseudo-aristocratique de merde, tout en se proclamant “working class-hero”
- chercher la merde systematiquement, pour se demarquer
- penser qu’un gros con, c’est un auditeur de Genesis ou de Yes : ouais, c’est eux qui ont declenché la deuxieme guerre mondiale, elu Sarko et trouer le cul de vos filles les putes.
- lire Celine matin, midi et soir.
Un conseil les gars : suiscidez-vous, ca fera de la place ![]()
Ah je les trouve droles ces derniers commentaires.
J’aurais bien voulu contre-argumenter mais là avec la video de Faithfull en home-page j’aurais l’air un peu con.
Donc, j’ai juste envie de dire: merci d’avoir laissé trois bons commentaires, cher “Quel site de merde”.
Ca a du te prendre au moins dix minutes de ton temps précieux, rien que ca, c’est flatteur.
Cher “Quel site de merde”,
Nous sommes ravi que vous ayez laissé votre email pour engager une conversation. De plus et à toute fin utile pour le magazine que vous ne manquerez pas de monter vous même et qui sera salué par Télérama et Technikart dès demain, je souhaite vous avertir que suicider s’écrit “suicider” et non pas “suiscider” et également que l’on dit ” il VAUT mieux en rire” que “FAUT mieux en rire”.
Bon courage à vous et bonne chance.
Votre,
H.
Réponse à Hilaire:
Premier point, l’email : pourquoi donner son email serait-il obligatoire pour écrire sur ce site ? Et si je l’avais donné, aurais-eu droit a une avalanche de spams rageurs dans ma boite ? Je n’en sais rien, mais dans le doute… D’autre part, ce site est un endroit pour discuter non ? A moins que vous ne “tabassiez” qu’en privé ?
Deuxième point : je ne monte pas de magazine. Je suis assez occupé à faire de la musique, peindre, sculpter, et accessoirement bosser. Que des gens occupent leur temps à écrire des chroniques bidons et archi-convenus comme sur ce site est leur droit le plus strict (mais ils s’exposent à etre critiquer à leur tour). Je préfére occuper mon temps autrement.
Troisiéme point : je ne lis pas Télérama ni Technikart. Cela dit, la haute opinion que vous semblez avoir de ce dernier magazine rejouira certainement les membres de Gonzai qui y travaillaient. Par ailleurs, si Technikart est un magazine déplaisant, Gonzai est dans le méme genre snobinard et puant, mais puissance 10. Donc l’argument est étrange.
Quatrième point : la faute d’orthographe. Wow ça c’est de l’argument ! Je traine depuis assez longtemps sur internet pour savoir que balancer à “l’adversaire” qu’il a fait une faute est le dernier argument de ceux qui n’en ont pas.
Et pour finir : j’avoue que j’étais énervé lorsque j’ai écrit ces commentaires, que je reconnais étre exagérés, au moins dans la forme. Ce qui ne change pas mon opinion profonde, que j’aurais cependant du exprimé de façon moins directe, plus nuancé et plus polie, je l’admets aisement.
Cela dit, j’ai fait un tour sur votre site, Mr H., qui à premiere vue, m’a eu l’air nettement plus documenté et interressant que celui-ci. Je ne comprends donc pas trop pourquoi vous defendez Gonzai, cela dit c’est votre droit. Comme c’est le mien de critiquer ce site, qui ne se géne pas pour cracher sa haine, sans rajouter de nuances à posteriori, comme je viens de le faire.
Maintenant si vous voulez vraiment débattre du fond… Pourquoi pas… Cet echange n’a pas trés bien commencé et c’est ma faute je le reconnais. Donc vous pouvez maintenant ignorer ce commentaire, ou me vomir dessus, ou discuter, encore une fois, c’est votre liberté.
A bientot, ou à jamais, à vous de voir.
Bonjour ami du soir,
J’avais évoqué la possibilité du mail “pour engager une conversation” et non un “tabassage”, comme vous dites. Pour ma part, les critiques que vous pouvez émettre me semblaient sinon intéressantes, discutables. Or l’échange privé permet plus aisément de converser qu’un wall de commentaires. A mon sens.
Quant aux nuisances inhérentes à la colère, et bien, restons en là…
D’ailleurs engager une discussion sur un wall me semble un brin vain (nulle offense). Merci tout de même pour le courage d’avoir nuancé vos critiques.
Votre,
H.
Je suis l’auteur des commentaires “haineux” (”Quel site de merde”) Merci quand mème de votre réponse, je laisse mon mail en guise “d’excuses” pour ces propos effectivement déplaisants aprés réflection. A tout hasard. J’ai tendance à étre un peu “sanguin” sur le net. D’autant qu’aprés lecture plus attentive de Gonzai, tout n’est pas à jeter. J’ai donc encore perdu une occasion de garder mon sang-froid. Bah, ça m’apprendra. Cela dit et pour finir, à l’intention de l’auteur de l’article, trouver “Moon In June” médiocre est tout de méme problématique… Chacun ses gouts, mais ètes-vous sur d’avoir oter vos boules quies avant d’écouter ce fabuleux morceau ? Allez, sans rancune de ma part, et j’espère sincèrement, de la votre.
Bah l’email ne marche pas ??? Humpf là c’est le PC qui est contre moi, vraiment !
Je ne vois pas pourquoi on vous cracherait dessus, votre commentaire est parfaitement argumenté. Perso, je dis “ok, respect”.
Ironie, cher Bester ? Pfft à 3H41 du mat’ je ne sais plus. Bon j’arrète de vous pourrir, promis. D’autant que j’ai lu hier votre article sur The Married Monk. Au moins sur ce groupe on est d’accord. Comme quoi ![]()
J’étais sérieux sur votre commentaire.
Fin connaisseur de Soft Machine que tu es, tu pourrais certainement nous aider à compléter la biographie que nous avons mise en ligne sur Allomusic concernant le groupe:
http://www.allomusic.com/artiste/4875/is/SoftMachine
A tout de suite!
la Team




PLAY BLESSURES
Nul doute, tout tient dans cette terrible mais véridique conclusion, monsieur.
Quant à moi, plutôt ré-écouter tout Dave Brubeck qu’une seule minute de Yes.