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STEEPLE REMOVE Libido Killer

Etre dans le métro et manger un Snicker écrasé, se demander pourquoi. Regarder les tunnels s'enchaîner, les gens se perdre dans leur pensées. Remonter l'avenue de Ménilmontant, se (...) suite

Etre dans le métro et manger un Snicker écrasé, se demander pourquoi. Regarder les tunnels s’enchaîner, les gens se perdre dans leur pensées. Remonter l’avenue de Ménilmontant, se diriger vers la Maroquinerie, fumer une cigarette tordue, être à bout de souffle. Retourner voir Steeple Remove en concert et tomber dans une transe électrique. Aller leur parler sans savoir ce que l’on veut vraiment d’eux. Gonzo Gazing et un joint qui tourne. Tout ne peut que bien se passer.

Cela va faire le troisième papier que l’on va faire sur vous dans Gonzaï, et j’avoue me demander pourquoi?

Antoine (Guitare, claviers): Ca doit être un phénomène d’addiction, un peu comme une drogue.

Arno (Chant, claviers): Je crois que c’est vous qui êtes branchés un peu par les groupes de Rouen, Nina Bobsing, tout cela. Il y a toujours eu plein de groupes à Rouen.

Antoine: Pourquoi tu ramènes toujours tout a Rouen?

Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec moi, mais je dis souvent que Rouen est le Detroit Français.

Antoine: Le détroit! Parce que Mana il pense que c’est le Liverpool français. Surtout le nord de Liverpool, pluvieux et pollué… C’est un peu Britannique.

Mana (Guitares): Non, en fait le Havre c’est Liverpool et Rouen, c’est Manchester.

Arno: Il y a tellement rien à branler là-bas que les groupes passent leurs journées dans des caves à faire de la guitare électrique.

Et pourtant, il y a beaucoup de gros groupes qui viennent de Rouen comme vous, Tahiti 80… mais qui jouent assez rarement là-bas. Quand on est un jeune rouennais on est obligé de connaître l’extrême métal : ce sont les seuls concerts du coin.

Antoine: Je ne suis pas vraiment d’accord. Peut être moins maintenant mais dans les années 80, il y a eu une sacré dose de groupe ultra pointus qui sont passés et qui maintenant sont des références.

Arno: Antoine, je suis désolé mais tout cela c’est pour les vieux (rires). C’est vrai qu’il y avait eu ce label, Sordide Sentimentale de Jean Pierre Turmel qui a fait venir énormément de groupe.

Antoine: Métal, tu es un peu réducteur quand même. Il y a aussi du reggae, du dub, du rock garage (Rires, mais pourquoi, NDLR) ? Puis, il y a tout ces groupes de Doom ultra pointus. Mais j’ai l’impression que ca c’est la caractéristique des petites villes. Dans une petite ville les gens se réfugient dans un style ultra pointu. Et comme c’est un peu la déprime à Rouen, le Doom va bien avec la ville.

Dans votre éducation musicale, quelle a été la découverte qui vous a poussé à faire cette musique si particulière.

Arno: Forcement au départ c’était Sonic Youth, puis on s’est branché Kraut-Rock, et après le Kraut ça a été la noise anglaise et on n’oserait même dire My Bloody Valentine.

Donc vous êtes le genre de groupe à qui il faut parler de claviers et de synthétiseurs?

Tous: (Déconcertés) oui… Entre autres choses.

Ca tombe bien car on n’en parlera pas. Par contre on vous demandera à quel moment vous avez perdu votre blues.

Antoine: C’est vrai qu’on est brut de décoffrage.

Arno: Non mais on n’essaye pas de faire du R’n'B ou du groove à l’américaine; ils le font mieux que nous. Nos influences c’est un autre groove de petit blanc anglais ou français.

Antoine: On aime David Bowie, PIL, le rock européen vraiment basique. Toute la vague anglaise. Même les américains en ce moment ils font du revival de trucs européens d’il y a 20 ans. Ils sont en train de retourner à un groove blanco.

Le rock en 2007 doit être comme vous: White Noise, No Look…

Antoine: ca doit être rien du tout. Nous, on a nos influences, on fait ce que l’on aime. Après chacun sort ce qu’il lui plaît.

Mana: Puis ces histoires de blancs et noirs c’est essentiellement aux Etats-Unis. En Europe il n’y a pas du tout ce genre de considérations. Forcement, aux USA c’est important, parce qu’il y a eu la ségrégation, il y avait une notion de survie dans la musique noire. Puis c’était un moyen d’avoir sa culture propre, développer une indépendance. En Europe, il n’y a pas ses problèmes là.

Antoine: Led Zeppelin c’est un groupe plutôt blanc, et pourtant ils sont fans d’Oum Kalsoum. Et puis dans la musique blanche que tu absorbes, il y a des influences noires. David Bowie, la batterie, la basse, cela vient de la musique black.

Walter: Oui, mais regarde Kraftwerk. Les premiers groupes de Chicago qui ont fait de la house music, qui ont monté des sound system… ; ils passaient Kraftwerk. Et ils ne savaient pas que c’était des blancs qui faisaient les Robots. Pour eux c’était le super groove.

Et ce coté binaire dans votre musique, c’est pour cela qu’il n’y a jamais plus de trois paroles dans vos morceaux.

(Rire Maniaque)

Arno: Mais c’est parce qu’il n’y a pas plus de trois accords non plus. Trois accords, trois paroles. Mais ce n’est pas le nombre d’accords qui fait la qualité des chansons. Il y a un retour à la simplicité avec un coté «tenir l’accord très très longtemps». Et donc très peu de mots, quasi instrumental.

Walter: Si le nombre d’accords était déterminant pour la qualité, Frank Zappa serait un génie… Alors que c’est chiant. Il faut que ca sonne avant tout.

Alors pour que cela sonne encore mieux, quelle drogue faut-il prendre pour apprécier tout le potentiel de Gonzo Gazing?

Arno: Non… Pas de drogues.

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