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SUCKERS De l’amour en sus

Fini les résumés vrombissants et le diktat de nouvelles tendances. Je ferme la paperasse torche-cul pseudo hipster; là, maintenant. Mes yeux chialent la détresse. Mon baladeur transpire le (...) suite

Fini les résumés vrombissants et le diktat de nouvelles tendances. Je ferme la paperasse torche-cul pseudo hipster; là, maintenant. Mes yeux chialent la détresse. Mon baladeur transpire le vide. Symbole cruel d’une époque prompte à l’enflammage, rien ne persiste plus de deux mois dans mon MP3. Car je le suis, vraiment. Trop con pour y croire. Je saupoudre ma lassitude de révolte. Bougon et passéiste.

Suckers

Je franchis le cap de la honte et décide de naviguer, yeux bandés, dans l’antre du Mal. Défricheur d’expérience, mon regard avisé juge sans connaître. Les pages défilent aussi vite qu’une merde sans PQ. Des noms, des vies. Du transgénique, du bio. Il faut être brave pour continuer à fouiner. Laisser de côté les états d’âme, la culpabilité qui me ronge. Parti de Brooklyn avec Chairlift et sa pop mélodramatique conventionnelle, je traverse son pont de briques. Manhattan m’éblouit alors. Mon voyage de camé tourne alors en une illusion diffamatoire.

Quatre psychopathes emmitouflés sous des couvertures de survie argentées, paumés en plein caniveau.

Des fleurs psychotropes. Une fraise. Une bouche: Suckers.

L’abandon massif du bon goût hexagonal rend l’étranger plus fort. Car tout acte culturel hors de nos frontières est forcément meilleur. Plus il nous semble éloigner. Plus il semble nous posséder. Nous fasciner. Les tranchées se creusent. Aptes à nous héberger pour oublier. Suckers nous représentent. Les garants du bon goût. Ceux qui n’oublient pas d’être autre. De créer et de ne pas tenter de révolutionner. Une pop sauvagement classique. Proche de la secte canadienne (Caribou, Stars, Born Ruffians), Suckers sifflotent et chantonnent comme un mélomane en mal d’amour. Ils nous implorent de laisser mourir le dernier Animal Collective dans son emballage poussiéreux. Couper court aux avances coquines du branché en mal de cul. Et se barrer. Vite et bien. Pour, enfin, retrouver la liberté qui nous est due. Celle d’un simple concert, au coin de rue. Entre potes bien torchés pour dépuceler nos Suckers, pinter ensemble, et écouter jusqu’à en perdre connaissance  Tangerine des Velvet Davenport.

Car la simplicité me manque. Semble être un luxe désormais inaccessible. Suckers m’ouvrent grands leurs bras pour accueillir la carcasse d’un pauvre pécheur, abandonné au plus chétif.

De l’amour. Simplement.

 

www.myspace.com/suckerstheband

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