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SUICIDE GIRLS Tatouages, épilation et fin du rêve

Notre chroniqueuse s'étant pétée le pied lors d'un reportage à haut risque pour gonzai.com, nous avons décidé de recycler honteusement son plus bel article. Faut-il encore gaspiller nos (...) suite

Notre chroniqueuse s’étant pétée le pied lors d’un reportage à haut risque pour gonzai.com, nous avons décidé de recycler honteusement son plus bel article. Faut-il encore gaspiller nos kilooctets pour présenter le site Suicidegirls.com ? Où avez-vous vécu ces 3 dernières années ?

Ah ça pour connaître lafraise, y’a du monde hein. Hum, bref. Tous ceux qui connaissent les Suicidegirls ont un avis sur les Suicidegirls, et par conséquent je ne vois aucune raison pour ne pas donner le mien.

Au départ, en 2001, SG était une communauté de filles un peu féministes créée par une fille de Portland aux cheveux bleus. A l’époque ça avait tout son intérêt : Bush succédait à Clinton, deux avions s’enfonçaient dans deux tours, un homme d’exception remportait 4 oscars, les Spice Girls se séparaient tandis que Franz Ferdinand se formait, bref : le pouvoir appartenait aux hommes et les filles n’étaient plus à la mode.En 1998 lorsque je me suis fait un piercing au nombril j’étais la rebelle du lycée et 3 ans plus tard les choses n’avaient pas vraiment changé. Alors imaginez des filles tatouées sur les bras, tout le dos, voire le mollet comme tout bon chanteur de hardcore. Une vraie révolution : ces filles sont passées du stade camionneur à celui de rock’n'roll sexy en l’espace de trois w.

Il était désormais possible de véhiculer une image positive de son corps et de son état d’esprit, de prouver qu’une idée reçue, qu’une méfiance collective vis-à-vis d’une partie de la société peut être renversée et devenir une revendication, un moyen d’affirmer son identité face à l’uniformisation du mode de pensée. On pourrait comparer la démocratisation des tatouages à celle de l’homosexualité : ce qui était perçu comme dégoutant, hors-norme et méprisable est aujourd’hui ancré dans nos mœurs. A tel point que ce qui est dégoutant, hors-norme et méprisable de nos jours, c’est de rejeter la différence.

Et ce qui est singulier dans la démocratisation des tatouages, c’est qu’elle ne s’applique pas seulement aux hommes, mais surtout -et je suis intiment convaincue que SG a joué en ce sens- aux femmes. Enfin on peut se faire encrer une tête de mort, un dragon ou une épée dans la peau et que les gens trouvent ça beau, et qu’on s’extasie devant comme s’il s’agissait d’une dernière coupe de cheveux ou d’un nouveau maquillage. Le tatouage est le bijou du XXIème siècle. Indélébile, il permet aussi de faire passer un message : méfiez-vous des apparences. Des filles de bonne famille (Marianne Faithfull), des filles classes (Fiona Apple), des mères de famille (Marie Trintignant), des filles investies dans l’humanitaire (Angelina Jolie), les sportives (Anna Kournikova) et même l’enfant prodige des Etats-Unis (Drew Barrymore) : on retrouve le tatouage au sein de toutes les catégories socio-professionnelles et nos petits-enfants auront des grand-mères qui arboreront une rose sur la fesse droite.

Quand les Suicide Girls ont commencé à faire parler d’elles, c’était en priorité grâce à leur originalité, gràce à Dave Grohl qui les vénérait et en dernier lieu grâce à leur cul. Quand je dis cul, je pense surtout seins, parce qu’en réalité beaucoup d’entre elles n’enlevaient pas le bas, ce qui donnait un rendu porno soft, plus proche de l’érotisme alternatif qu’autre chose. Les photos avaient du bruit, les filles actionnaient elles-mêmes le déclencheur de l’appareil dans leur chambre étudiante et à la rigueur, on pouvait dire que tout cela avait de la fraicheur. Il y avait une certaine foi dans le fait de se déshabiller, on pouvait y croire, et derrière les mèches roses et les tétons piercés, quelque chose nous disait qu’il y avait une raison à tout cela, et que si ce n’était pas le féminisme c’était la revendication de son propre corps dans toute son imperfection, et que si ce n’était pas la revendication de son propre corps c’était celle de la désinvolture de la jeunesse.

Et puis est arrivé l’ère de photoshop tandis que le mercantilisme du porno reprenait ses droits. Exit les photos un peu floues, le côté amateur et les chaussettes encore présentes dans le champs de vision. Les sets des filles sur SG sont devenus plus léchés : la peau est lisse, le blanc des yeux est bien lumineux, le poil est inexistant. Des mot-clés sont rajoutés par les internautes : jolis seins, rasé, super bonne.

On assiste à une véritable surenchère dans la divulgation de son corps : la concurrence est rude, beaucoup de filles veulent devenir SG pour toute la supposée symbolique, et le meilleur moyen d’y arriver c’est de s’y donner à fond. Le corps est indéfiniment exploitable, tout comme la vulnérabilité d’une jeune fille de 20 ans. Son pseudo-féminisme s’est retourné contre elle, ses cuisses écartées se retrouvent sur divers sites pornos avec des commentaires du style « elle aime qu’on la prenne par derrière », et peu importe qu’elle aime vraiment qu’on la prenne par derrière. Le problème du site Suicide girls est qu’en acceptant de se foutre à poil en photos, on y cède tous ses droits moraux, patrimoniaux, droit à l’image et probablement droit à une crédibilité quelconque quand vos mômes tomberont sur les images de votre clitoris à 18 ans parce qu’elles auront fait le tour d’internet et des forums type 4chan, voire somethingawful.com si vous aviez décidé un jour de vous faire tatouer un phallus avec des ailes entouré de flammes un lendemain de cuite. La SG n’est plus qu’un fantasme internautique, absorbée par ses quinze minutes de notoriété et convaincue que le nombre de commentaires engendrés par la publication de son set traduit l’admiration que les autres ont pour elle. Les anciennes l’ont compris au point de se désinscrire du site. D’ailleurs, quiconque posera des questions concernant leur départ sur les forums verra son message effacé. PigBrother is watching you.

Par contre, si un jour vous vous faites tatouer le logo de SuicideGirls, sachez qu’on vous offre l’abonnement à vie au site.

www.suicidegirls.com

11 commentaires

Le truc qui fait peur dans le tatouage c’est le temps et le poid. Je m’explique, ta suicide girl elle aura l’air de quoi à 45 ans si elle s’est pas suicidée. La peau distendue et grasse??

J’ai déjà vu une rockeuse d’un groupe (des nons, des nons) et déjà à 40 ans ça fait très moche-

Sur les mecs non plus c’est pas génial-
Les aigles et autres symboles ont tendances à prendre de drôles de formes-

Sinon, l’avenir de la divulgation c’est la coloscopie. L’extérieur du corps c’est has been, alors qu’une belle rate, un organe sexy…

Commentaire par Jean-Emmanuel Deluxe, le Lundi 12 novembre 2007 à 1:01

le tatouage est affreusement banal en argentine, quasi toutes les filles, ça ne signifie absolument rien, juste esthetique, et ça marche pas toujours de ce niveau la.

Commentaire par Bernard Black, le Lundi 12 novembre 2007 à 3:45

j’aime les filles, j’aime les percings et les tattoos alors quand je vois une jolie fille avec de beaux percings et de beaux tattoos je sis aux anges. Moi-même je possede des percings et des tattoos, est-ce que ca fait de moi un suicide boy ? Bref je trouve ces filles trés sexy…

Commentaire par canailledelasalvetat, le Lundi 12 novembre 2007 à 23:42

moi j’aime de trop les SG mais malheuresement vus mon age (13 ans) je ne poseede pas de tatoos ni de piercing)mais jvais quand meme me faire percé lné..é apres peut t’etre entre la levre du haut et le né(chez pas trop expliqué) en tt cas moi jkiff grv!!!

Commentaire par miiskiis, le Lundi 12 novembre 2007 à 17:04

j’ais fait un set pour SG qui as été refusé, mais comme j’ai permis que mes photos soient visibles sur le site (pour un rattrapage du publique “seconde chance”) j’ai un acces gratuit au site pendant un ans.
ca pue le superficiel et vous etes dans le vrais pour le “big brother is watching you” il es interdit de dire du mal du staff SG sous peine de désinscription.
les filles se passent de la pommade pour se faire entendre et gagner en notoriété pour que leur set soi le plus vu.
quand au “secondes chances” le site gagne 2 fois plus de photos pour pas un rond car oui le “hopefuls” ne sont pas remunérées par contre pour visionner leurs photo c’est a SG qu’il faut adresser vos denier.

Commentaire par axelle, le Lundi 12 novembre 2007 à 18:28

Pour moi les Suicide Girl étaient des filles bien stylées montrant ok un peu leurs nichons mais rien de bien méchant; étant tatouée et percée on m’a contactée pour faire partie du site, et là j’ai vite déchanté: obligation de faire un strip intégral , de montrer son cul et ses seins, tt ça pour etre payé une somme assez ridicule (je sais pas si j’ai le droit de dire cbien exactement) par rapport a la tune que ce site génère, et aussi ridicule pour etre balancée sur le net et comme l’article le dis si bien se faire mater par ses futurs enfants; moi j’ai pensé a mes parents et j’ai dis fuck a SG, en fait c’est du porn soft, avec des catégories bondage, SM ou les filles se font un peu plus de fric.En tt cas les SG ont trouvé le bon filon pour se faire de la tune sur le dos de pauvres filles qui sont fières d’en faire partie et ne réalisent meme pas qu’elles jouent aux putes pour des cacahuètes, et le truc du “seconde chance” c’est du tt bénef pour eux, une grosse arnaque!!

Commentaire par lou, le Lundi 12 novembre 2007 à 22:27

Je suis SG et tout se passe bien.
Pour répondre aux commentaires : Jean Emmanuel, merci de te soucier de notre corps pour quand on sera un peu plus vieille, mais franchement, je n’agis pas aujourd’hui en me disant “merde, je peux pas le faire, car un jour, je vais être vieille”..désolée, ma vie je la vis maintenant..je n’attends pas la retraite avec impatience.
Pour Axelle : si tu es tellement aigrie, alors pourquoi faire SCS ?? ne viens plus sur le site si tu penses que c’est nul non ?
Pour Lou : hé oui, nous sommes da

Commentaire par Secret, le Lundi 12 novembre 2007 à 11:09

ns un monde de capitalistes, mais il ne faut pas voir les choses que comme ça ! plein de filles sont là pour autre chose…et ont trouvé pleins d’opportunités pour leur job d’alternate model.
Et je termine en te demandant qui t’a contactée ?? SG ne contacte pas des nanas, ce sont les filles qui contactent SG..Bref..tu dis bein ce que tu veux !

Perso, je n’ai pas envie de vous expliquer pourquoi j’ai fait ça, mais vos réactions me font penser que vous êtes déjà bien vieux à vos jeunes ages ! un peu d’ouverture d’esprit..que diable !

Commentaire par Secret, le Lundi 12 novembre 2007 à 11:12

Et pour l’auteur de ce blog charmant, oui, effectivement, aux USA, la protection du droit d’auteur à la francaise n’existe pas..
Tu découvres ?? c’est le copyright et sa dure loi !

En tous cas, merci à tous de vous soucier de ce que vont penser nos enfants (perso, je n’en veux pas) de nos futurs vieux clitoris.
Je rajoute également que j’ai 32 ans.

Commentaire par Secret, le Lundi 12 novembre 2007 à 11:16

C’était un des premiers site grand public à faire la part belle au fétichisme du tatouage et piercing, c’était intéressant au départ de voir des filles différentes en dehors des critères du mannequinat mais la tendance c’est inversé en meêm temps que l’amateurisme des débuts quant au féminisme je n’y crois pas du tout, pareil que pour l’alt porn certes des filles tiennent cette industrie en partie je ne vois pas en quoi se foutre à poil serait un quelconque acte féministe surtout qu’il n’y a aucun message ni revendication derrière. SG est avant tout une platefome lucrative autour des modifications corporelles avec des critères plutôt bien pensant d’ailleurs.

Commentaire par sinsult, le Lundi 12 novembre 2007 à 12:17

Beaucoup aimé votre article. Je me suis permise d’en diffuser le lien sur “mon blog personnel”, en l’incorporant à un petit brûlot personnale sur ledit site ;)

Commentaire par angeline, le Lundi 12 novembre 2007 à 11:54

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