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WILLARD GRANT CONSPIRACY Stars, stripes and nuggets

Des albums patriotes. Des albums qu'on ne comprend pas, lorsqu'on est étranger, et que l'on cherche désespérément à corrompre un vigile pour obtenir la green card. Qu'on s'achète (...) suite

Des albums patriotes. Des albums qu’on ne comprend pas, lorsqu’on est étranger, et que l’on cherche désespérément à corrompre un vigile pour obtenir la green card. Qu’on s’achète une caravane sans trouver d’aire d’autoroute où se positionner en pit-stop pour écouter le premier Springsteen. Qu’on a jamais vraiment compris d’ailleurs, perdu qu’on est sur la carte du grand continent à chercher une station Texaco pour remplir le réservoir.

Un album nationaliste. Sans cagoule. Mayflower style. L’importation des influences irlandaises et européennes cachée dans les soutes. Pilgrim road. Un disque sans tube. Pétri de cantiques prêchant pour l’Amour Amérique. Des ballades pour chialer sur le comptoir en ronce de noyer.Tenter du moins; expier ses fautes en chanson. Karaoke de l’émotion. Je crois que ça s’appelle du gospel. Moderne. Contemporain diront les puristes.
Un album sans éclat. Bourré de demi-teintes chrétiennes et le rapport de l’homme à la terre qui l’a nourri.

Pour paraphraser le prechi-precha du jargon journalistique, Robert Fischer (la tête pensante de WGC), c’est un peu comme si Nick Cave rencontrait Burger King. Trois bacs de Nuggets qui te rappelleraient à l’ordre sur le sens des racines et ton engagement pour la patrie.Alors non, l’album ne sera pas distribué chez Kitsuné, vous ne lirez pas l’interview de Willard dans le nouveau magazine d’investigation people Oops et vous ne draguerez pas en boîte en déblantérant au-dessus de l’enceinte AIWA que le dernier album de Willard EST VACHEMENT BIEN QUAND MEME AU FAIT T’AS UN COPAIN?

Pendant ce temps, Robert Fischer fait sûrement revenir ses mashed potatoes dans la poêle, au fin fond de l’Amérique profonde, vous vous en ficherez sûrement, parce que l’histoire des Etats-Unis cela reste un fantasme lointain où l’on préfère se cantonner aux clichés habituels (Guns, faith & Jesus rock) alors que des prêtres au look de catcheur tentent en vain de te faire croire que la sainte Trinité peut se jouer sur la gamme blues. Accessoirement Willard Grant Conspirary est en concert le 19 mai au Nouveau Casino et on propose dix places de concerts pour l’occasion (en répondant au mail ). Une bénédiction pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de voir notre minimal replica française du blues texan, Maison Tellier pour ne pas les nommer, lors de leur tournée des petits espaces français.

Délaisser les grands axes, et prendre les contre-allées…. Rencontre avec Robert Fischer.

Bonjour Willard, au moment où je vous écris (c’est un mailer, NDR), j’aimerai savoir où vous êtes, dans quel pièce êtes-vous, et quel est votre état.

Je suis chez PIAS, mon label. C’est un peu le bordel ici, c’est pas très rangé. Les mecs qui bossent ici me disent qu’ils aiment bosser dans ce grand fatras; ils sont en train de me dire que ça leur rappelle leurs maisons. Je l’interprète comme ça, tout du moins.

A l’heure actuelle, vous vivez toujours dans le désert de Mojave?

Oui. Comme Captain Beefheart. “A high and lonely place full of birds of prey, vipers of all sorts and Joshua trees”. Une multitude d’âmes perdues, remplies d’amour, trouvent leur place ici.

Vous avez choisi d’accoucher de cet album en dehors des USA, à Glasgow plus précisément. Un moyen d’échapper à la fureur latente de Let it roll, votre dernier album?

Déja pour commencer je pense que tu te trompes, ce n’est pas le dixième album de Willard Grant Conspiracy. Et je pense que Pilgrim reprend certaines trames des précédents albums, notamment Regard the end. Et si vous réécoutez mon premier album, vous trouverez certaines chansons qui sont des épreuves crayonnées de Pilgrim. Des prémisses. C’est important de ne pas considérer l’enchaînement des albums comme une suite logique. J’accorde plus d’importance à l’interprétation personnelle que vous pouvez faire de chaque chanson, au moment où vous les écouter. Et quelques fois oui, il est possible de remonter le fil et resserrer certains albums , les nouer.

Sur le titre Reprise, la chanson débute par un “there’s no way to go back home…”. La maison, la votre, au final, c’est…

Home is where you meet yourself coming and going. It can be physical or a state of mind. I try to let the listener define it for themselves. What it means to me isn’t all that important.

Avoir des racines dans le nouveau siècle, puiser sa force dans le blues et la country, lorsque les autres s’en détachent, c’est important?

Je m’en fiche. Je n’ai jamais entendu parler de ce Nick Cave.. (sourire numérique). Je me fous de tout ca. Let it roll était plus axé sur le piano, les ambiances. Là c’est… C’est un changement. J’étais fermier, désormais crooner.

Vous étiez 37 sur scène lors de vos derniers concerts, sur la précédente tournée, soit un beau bordel, pour cet album cela s’annonce comment?

Je n’ai pas recompté depuis un petit moment. Ce sera un peu la même chose. Plus ou moins. Plus que le live, ce sont les paroles qui m’intéressent. J’écris hors du temps, les paroles ne décrivent pas de moments précis.

L’interview touche à sa fin, j’aimerais pour conclure connaître votre état à l’instant présent, savoir si tout s’est bien passé, et si vous avez malgré tout passé un bon moment, en dépit de notre rencontre virtuelle.

En fait je suis toujours frustré par vos claviers européens, je ne retrouve aucune lettre sur le clavier et je perds un temps fou pour écrire chaque mot. Ma conclusion sera donc:” Disorientation is a positive force in the world running close to randomness”.

www.myspace.com/willardgrantconspiracy

Photos par Muntz Termunch

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