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WIRE Object 47

Wire. Rien que le nom évoque un truc cyberpunk. Cyber et punk. Les deux à la fois, monsieur. Pour tout le monde c’est un des nombreux groupes de (...) suite

Wire. Rien que le nom évoque un truc cyberpunk. Cyber et punk. Les deux à la fois, monsieur. Pour tout le monde c’est un des nombreux groupes de punk qui a disparu avec la chasse d’eau new wave, sans même accrocher la cuvette. Pour les plus au courant, c’est pas seulement ça mec, c’est un des précurseurs du post punk, mec, les gars qui ont influencé tout le trip Strokes, Franz Ferdinand, Wombats et tout mec.

Voilà qui me les rend haïssables.
Pourtant. A l’époque tout était différent.

object-47Même les puristes savaient dès janvier 1977 et le tant attendu Anarchy in U.K. que le punk rock tel qu’on se le décrivait au sein du Broomley Contingent était voué à sa propre perte. Quand on commence par minimiser les couleurs et retirer les formes, très vite on dessine tous la même chose. Un gros carré noir.
Wire lui a très rapidement dessiné des triangles roses.

Le mythique album Pink Flag sorti en décembre 77 (chez EMI aussi !), était bon dernier derrière ses collègues du Roxy mais en profitait pour viser bien plus haut. Pas moins de vingt et une pièces n’atteignant pas la seconde minute pour la majorité, et qui seront reprises par les scènes hardcore, indé, britpop et alternative. Rien que ça.
Pour du punk première cuvée, les Londoniens faisaient lever des sourcils en utilisant des contre-voix, des structures difformes qui accéléraient le tempo ou laissaient durer un larsen jusqu’au fade out, et réfléchissaient sérieusement à l’ordre des tracks. Des extra-terrestres dans Covent Garden. Deux albums plus tard (dont un avec du piano !) les étudiants en art rangent le matos, et passent à autre chose.

Le Câble rejaillira pourtant à intervalles réguliers. Sans batteur, avec boîte à rythme, puis avec machines… Du hardcore à l’électro, oui madame, il y eut un précurseur à Notwist ! Mais que voulez-vous, le post punk, quand on l’a confondu avec le new wave, commençait à porter des symptômes de pestiféré. Et quand il revient dix ans plus tard, sous les traits de Bloc Party et consorts, on a du mal à lui faire une place sur le canapé.

Mais voilà Wire. A nouveau Wire.

Les récentes productions (un album et trois EP complètement cramés, tournés indus façon Rob Zombie) n’avaient pas réussi à me tirer de ma torpeur, mais quand on a entendu une fois Object 47 on sait que quelque chose de différent est arrivé.

Exit les titres à peine plus longs qu’une éjaculation du premier album qui avaient inspiré Ian McKaye et le Rollins Band. Exit aussi les plages de synthé épaisses comme du goudron et noires comme un poumon de mineur du troisième LP. L’opus 2008 réussit le pari d’être digne de ses aînés et différent à la fois. Wire n’invente rien et ne le cherche surtout pas. Il rappelle aux pisseux qui se réclament du post punk qui l’a fait et ce qu’il a engendré : quinze ans de rock britannique. Rien de moins.

Ainsi Object 47 s’ouvre sur une rythmique aux effluves de New Order (One Of Us, batterie sautillante, basse comme un bélier), enchaîne sur une guitare messy prenant à la va-vite un groove pesant sur Circumspect, titre à faire honte aux derniers shoegazers (quand Blur jouait encore Sing) et aux premiers trip-hop (Four Long Years fait la nique à Depeche Mode, et Hard Currency tend le doigt vers Massive Attack). Wire sait encore quand la caisse claire doit être frappée plus fort qu’un charleston et jouer sur une seule corde (Perspex Icon), mais on ne craint jamais de déborder du dogme pour toucher à tout. Et je n’avais pas entendu une aussi bonne prod (mi crade, mi pop) depuis le dernier Bowie ou les Happy Mondays dans des registres différents.

Cela ne changera pas les rotations des radios mais cela va mettre la barre un peu plus haute pour les revivalistes post punk autoproclamés.

Wire // Object 47 // Pinkflag

http://www.myspace.com/wirehq

5 commentaires

Merci pour l’info!
J’ai découvert les Wire il y a 3 ans avec Pink Flag. Ce fut une claque mémorable.
Send m’a bien plu, même si au début cet album m’avait laissé quelque peu dubitatif.
J’ai hâte d’écouter leur nouvel opus.

Commentaire par Alfred Dugosier, le Lundi 23 juin 2008 à 13:22

Il ne faut pas se gêner.

Après, je suggère de laisser Pink Flag à sa place, et de prendre l’obje(c)t tel quel, sans chercher de similitudes avec son aïeul.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 23 juin 2008 à 8:35

grand album d’un grand groupe qui ouvre toujours sa grande gueule !!! en intw, ils sont terribles (cf. intw dans un “Vice” récent).

Commentaire par timm, le Lundi 23 juin 2008 à 11:42

Still Wire(d) !
La trilogie Pink Flag/Chairs Missing/154 est indispensable dans la CDthèque de tout amateur de rock!

Commentaire par largo, le Lundi 23 juin 2008 à 15:57

Tout à fait. C’est du surchoix.

Commentaire par L'Incohérent, le Lundi 23 juin 2008 à 8:10

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