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ZZZ “On n’est pas des fermiers”

Je me suis dit : c’est pas parce que zZz vient d’Amsterdam et fait du super rock psyché que je vais faire une interview en leur demandant quelle (...) suite

Je me suis dit : c’est pas parce que zZz vient d’Amsterdam et fait du super rock psyché que je vais faire une interview en leur demandant quelle drogue associer à l’écoute de chacun de leur morceau. Du coup, lors de mon entretien avec Daan (orgue) et Bjorn (batterie), j’ai obtenu des informations souvent évidentes, mais surtout pas ronflantes.

En plein milieu de leur tournée, même s’ils n’ont pas une seule guitare dans leur coffre, zZz reste un vrai groupe de rock, affichant au compteur plus d’heures passées à rouler sur l’asphalte qu’à roupiller. Par chance, ils n’ont pas perdu leur humour en route. Présentations avec un groupe qui n’aime pas pousser des boutons sur des répliques de Korg mais réussit carrément à placer du kraut dans une pub pour de la mayo.

Expliquez-vous zZz, pourquoi vous discriminez les guitares comme ça ?

DaanDaan : Je suis un guitariste ! Mais bon là je joue de l’orgue.
Bjorn : Pas de guitares ! On est seulement deux alors il fallait faire un choix, on a commencé avec une batterie et un orgue alors on continue comme ça.

Vous avez joué dans des formations différentes dans le passé ?

Bjorn : Oui, on a joué dans plusieurs groupes avec des bassistes et des guitaristes. Mais plus il y a de musiciens, plus il y a plus d’égos qui interviennent. Tu dois entrer en connexion avec plus de gens. Et si la synergie ne fonctionne pas tu vois… Disons que quand on n’est que tous les deux c’est là qu’on fait de la meilleure musique.

Vous vous êtes rencontrés comment ?

Bjorn : On habitait ensemble dans une ferme avec pas mal de gens dans la périphérie d’Amsterdam.
Daan : On n’est pas des fermiers !
Bjorn : Ouais, non, Daan est artiste et je suis organisateur, freelance, un mec qui fait un peu tout et rien en fait. Donc un jour dans cette ferme, mon père a ramené un orgue. Moi j’ai pris ma batterie et Daan a pris l’orgue.
Daan : Ouais je jouais avec deux doigts : « ting, ting ».
Bjorn : Et on a commencé à jouer du surf, du garage et ça sonnait super bien. Cinq jours après on a fait notre premier concert. Une fille nous a invité à sa soirée et je lui ai demandé si elle avait besoin d’un groupe. A cette époque je jouais dans un autre groupe et elle a dit « non c’est trop bourrin ». Je lui ai dit « non non j’ai un nouveau truc avec mon colloc Daan et c’est easy, de l’exotica, de la musique sexy ». Et elle a accepté, on a joué, improvisé, tout le monde dansait.

Vous qualifiez votre musique d’easy et exotica ?

Bjorn : Aha, non ! Ca c’était au début, maintenant on fait plutôt un mix de krautrock psyché et de nu-disco.

Sur votre Myspace vous écrivez à propos de vous « Jon Spencer meets Suicide », ça vous va de vous réduire à ca ?

Bjorn & Daan : Ouais ouais !

Bon, hier soir j’essayais de m’endormir en écoutant zZz mais c’est pas vraiment l’idéal. Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Bjorn : On devait trouver un nom pour jouer dans un club, un soir à la ferme avec des gens on essayait d’en trouver un. On était tous bourrés et défoncés, on essayait Rrrr et Llll des trucs en syllabes et une fille a proposé zZz. On s’est dit  « Ouah c’est super cool ».

On entend peu parler d’une scène hollandaise, c’est parce qu’on est mal informés ou est-ce qu’il ne se passe vraiment rien là bas ?

Bjorn : Il y a en fait plein de bons groupes, des pourris aussi.
Daan : Ouais mais aucun n’est connu internationalement.
Bjorn : Mais certains on le potentiel, comme Aux Raus.

Vos influences ne sont pas très récentes, vous trouvez quand même des trucs excitants dans ce qui se passe actuellement ?

Daan & BjornBjorn : Ouais bien sûr, le nouveau Gang Gang Dance, The Dodos, TV On The Radio, Battles.

Vous avez intégré de nouvelles influences entre le premier album  entre Sound Of zZz (2005) et le nouveau, Grip (2008) ?

Au début, on était pas mal dans la scène garage à Amsterdam et c’était plutôt limité à un son hyper brut. Maintenant on écoute plus de disco, de krautrock, des trucs atmosphériques, on a pas mal élargi nos horizons depuis le premier album.
Daan : Du coup on a commencé à mieux jouer.
Bjorn : Oui, on joue mieux, le chant est meilleur aussi.

D’ailleurs le chant, vous lui donnez quelle importance, alors que vous semblez aspirés par vos instruments ?

Bjorn : Ca vient une fois qu’on a trouvé la mélodie, qu’on trouve avec la batterie et l’orgue d’abord.

Vous utilisez des instruments vintage, est-ce que vous en faites une obsession ?

ZZZ: On adore les instruments vintage mais on n’est pas non plus des collectionneurs. Mais si tu nous donnes un Korg  vintage, on préfère ça à une réplique flambant neuve bien sûr, parce qu’on préfère naturellement bidouiller que juste pousser des boutons. On n’est pas des artistes informaticiens.

Vous connaissez  Zombie Zombie ?

ZZZ: Ouais !  On va jouer avec eux la semaine prochaine à Londres. Ils sont connus en France ?

Relativement. Et vous, votre musique s’est retrouvée dans une pub Fiat, ça va aider pour la renommée non ?

Bjorn: Oui il y a cette pub, puis on va aussi avoir des morceaux placés dans des films, on est aussi dans une pub pour de la mayonnaise au Japon.
Daan : Dans un jeu vidéo aussi !
Bjorn : Puis on va composer de la musique pour des films bientôt, en plus de notre tournée. Notre musique est très visuelle en plus d’être physique en fait !

Vos clips sont incroyables, d’ailleurs dans celui de Running With The Beast, les deux coqs peints en bleu et rouge qui se battent sur fond blanc, c’est un un symbole super fort pour les Français…

Bjorn : Ah oui on n’avait pas pensé à ça (rires). C’est notre ami Xelor qui en a eu l’idée, le même qui a fait le clip avec le trampoline pour Grip (primé au festival du clip en France, ndlr).

Vous pensez pouvoir atteindre quel public avec ce nouvel album ?

Bjorn : On a un public de 16-17 ans tout comme des vieux qui peuvent devenir complètement tarés dans nos concerts. Il suffit qu’ils soient ouverts à notre énergie. On entre parfois en transe complète sur scène avec le public. A Amsterdam il y a deux semaines, les gens devenaient tellement tarés que ça nous rendait plus fous encore, ça ressemblait à une orgie.

Daan : Ce n’est pas tout le temps comme ça.

Bjorn : Oui, mais s’ils restaient les bras croisés ca n’irait plus.

http://www.myspace.com/zzz

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